J’étais trop jeune pour regarder ce film à l’époque et je n’étais pas encore passionné par ce genre de cinéma. Aujourd’hui, c’est différent.
J’ai trouvé ce film vraiment très bon. Je comprends qu’il puisse diviser, Il est volontairement froid.
Il est lent.
Il ne cherche jamais à rendre ses personnages sympathiques.
Et surtout…
Il ne donne presque aucun moment de respiration.
À force d’accumuler le malaise, certains finissent par décrocher.
Mais moi, j’ai beaucoup aimé son côté cru, son ambiance de fable sombre et, surtout, les silences qui, à eux seuls, racontent énormément de choses.
Le film aborde plusieurs thèmes, dont certains sont malheureusement toujours d’actualité, près de trente ans plus tard.
La fin est particulièrement intéressante. Ce jeune qui joue très bien , n’a plus rien dans la vie, qui croit que la violence est le seul chemin qui s’offre à lui, et ce vieux tueur qui comprend enfin qu’il a commis une terrible erreur et qu’il l’a indirectement condamné… c’était vraiment fort.
La scène dans la voiture est marquante, tout comme le monologue de Michel Serrault, qui livre une prestation remarquable tout au long du film. Ce passage est particulièrement intéressant et donne encore plus de profondeur à son personnage.
Par moments, le film peut sembler en faire un peu trop, mais au final, je trouve que tout reste assez juste.
Ce qui m’a toujours marqué, c’est que Kassovitz ne s’intéresse pas seulement aux meurtriers.
Il s’intéresse surtout à la façon dont la violence est regardée.
Le film pose une question dérangeante :
Pourquoi sommes-nous fascinés par la violence lorsqu’elle passe à la télévision ou au cinéma ?
À travers le personnage du jeune homme, on voit quelqu’un qui se désensibilise progressivement. La violence devient presque un spectacle. Kassovitz critique autant la société et les médias que les crimes eux-mêmes.
Je trouve cette idée très forte.
L’interprétation:
J’aime beaucoup le jeu de Michel Serrault.
Son personnage est glaçant parce qu’il ne cherche pas à impressionner. Il agit avec une banalité presque quotidienne.
Et c’est souvent ce qui fait le plus peur.
Le contraste avec le personnage plus jeune fonctionne également bien : l’un représente une violence installée depuis longtemps, l’autre une violence qui se construit.
Vraiment un film intéressant !