Asteroid City, 1 an après The French Dispatch Wes Anderson s’impose comme un réalisateur incontournable du cinéma ultra colorisé et signe un genre d’une nouvelle génération s’inspirant des pionniers du 7ème art comme George Méliès avec des décors cartonnés de spectacles de fins d’années de CM2 ou encore l’inventeur du Western spaghettis j’ai nommé Sergio Leone avec des gros plans sur les yeux de ces personnages et une ville aux aspects « texan ». Avec son propre style de mouvement de caméra Wes Anderson nous rappel que le cinéma est l’héritier direct du théâtre on se croirait dans une maison de poupées dans laquelle tout s’active et la caméra suit les histoires qui lui convient afin de former le scénario final.

Attelons-nous à la toile de maître défiant la gravité esthétique d’un art encore nourrisson. Un univers tout aussi délirant qu’à son habitude et des personnages tous aussi atypiques les uns comme les autres Wes Anderson n’en démord pas : un genre cinématographique tourné en comédie c’est sa marque de fabrique.

(SPOILER)

Une histoire de science fiction à cheval sur l’histoire de la création de cette fiction et les coulisses de certaines scènes ce film nous en fait voir de toutes les couleurs et un soupçon de noir et blanc avec un casting aux multiples étoiles. Une malencontreuse panne inexpliquée qui aboutit à une aventure dans le génie de l’espace et 5 jeunes inventeurs aérospatiaux ayant tous inventé un outil qui pourrait sortir demain de la NASA, mais tout à coup un extraterrestre qui vient voler l’astéroïde fétiche de la ville portant son nom. Alors la question de notre solitude dans l’univers est remise en cause et l’armée veut cacher cette apparition extraspatiale, la ville est fermée mais devient très rapidement un lieu de grand tourisme et c’est là que critique de notre société entre dans ce film : dès qu’un phénomène étrange passe aux informations alors on s’empresse d’aller voir ce qui s’est passé et cet événement devient un paradis lucratif et un assèchement de l’esprit. Comme une sorte de regret, notre ami l’extraterrestre revient rendre l’astéroïde qu’il a minutieusement gravé, d’ailleurs on ne saura jamais ce que veut dire cette langue… dommage. Tout autour de l’histoire se mêlent d’autres histoires notamment d’amour, de tristesse, d’aveux familiaux, d’intelligence d’esprit, d’humour et de confrontation avec les événements naturels de la vie. Une belle fiction dans laquelle nous, spectateur, avons l’impression d’entrer comme par effraction tellement cette petite ville est paisible et calme mais un calme à la Agatha Christie

Pour parler des acteurs,
Steve Carell n’apparaît pas énormément à l’écran mais chacune de ses apparitions est décalée et drôle ce qui confirme une fois de plus son génie humoristique.
Scarlett Johansson et son personnage de Midge Campbell qui lui colle parfaitement à la peau, on ne voit plus une actrice mais l’Actrice.
Jason Schwartzman à la tête de l’affiche renonce avec exactitude au premier rôle trop parfait et mis en valeur, il devient le gentil petit photographe qui a eu la chance de photographier Midge Campbell nue et l’extra-terrestre.
Tom Hanks, une droiture exemplaire aux allures de grand-père et beau-père peu commode qui déteste son beau-fils et chérie sa fille décédée qu’il acceptera d’enterrer dans une boîte Tupperware que ses petites filles ont décidés de déposer au milieu d’Adteroïd city entre deux bungalows.
Edward Norton, un auteur et metteur en scène bisexuel traumatisé par sa pièce de théâtre qu’il intitulera plus tard « Astéroïd city ». De courtes apparitions seulement en noir et blanc, Edward Norton ressemble à un homme des années 50.
Adrien Brody, Schubert Green, l’homme dépassé par la pièce de théâtre et à la fois absorbé au point de vivre dans la régie et les décors. Sa femme le quitte, il trouvera le refuge émotionnel de la pièce.
Tilda Swinton, une astrophysicienne aux projets démentiels elle représente toutes les forces aérospatiales américaines et le côté féminin de Elon Musk, un personnage un peu en retrait qui mériterait une plus grande place.
Jeff Goldblum, un alien surprenant par son expression du visage et son envie de ne pas déranger tout en volant l’astéroïde.
Jeffrey Wright, le Général en chef, la figure de proue de l’armée américaine, un Ron Perlman noir américain aux allures charismatiques qui prend le temps de répéter une chorégraphie pour faire ses discours.
Et pour finir, Willem Dafoe, une seule apparition mais quelle performance théâtrale. Saltzburg Keitel, un professeur de théâtre déjanté qui aide Conrad Earp à faire sa distribution en demandant à ses élèves de simuler un réveil après une longue sieste. Willem Dafoe en noir et blanc c’est un film expressionniste allemand.

Yahnock
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le 25 juil. 2023

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