Je n’ai clairement pas compris Asteroid City la première fois que je l’ai vu. Je l’ai trouvé fade, compliqué. Il a fallu un deuxième visionnage pour que le film prenne enfin du sens. Et là, la phrase « on ne peut pas se réveiller si on n’est pas endormi » a résonné différemment.
Elle parle évidemment du deuil. Comment traverse-t-on un deuil ? Il faut sans doute passer par une forme d’endormissement, pour espérer se réveiller un jour de tout ça. Mais je pense que cette phrase a aussi un double sens. Elle fonctionne à un autre niveau : celui de l’acteur. L’acteur qui joue une personne en deuil doit, lui aussi, s’abandonner à cet état, s’“endormir” dans son rôle pour pouvoir l’habiter pleinement. Et finalement, c’est vrai pour tous les acteurs de la pièce.
Ce qui est fou dans ce film, c’est à quel point le casting est toujours juste. Adrien Brody, Tom Hanks, Edward Norton… Certes, pour certains, ce n’est pas leur premier Wes Anderson, mais justement : ils comprennent son langage. Et moi, j’aime profondément ces acteurs.
Pour le reste, on retrouve les mêmes éléments : les mêmes décors, les mêmes obsessions, les mêmes “problèmes” pourrait-on dire. Mais ce sont aussi les atouts que Wes Anderson choisit toujours de mettre en avant. Et ça a toujours du sens.