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Valse de cargo.
Il faut savoir que Peter Hutton fut jadis marin sur des cargos marchands. S’ils font partie intégrante de son cinéma, aussi singulier soit-il, ce n’est pas un hasard. Or les cargos n’ont jamais...
le 27 sept. 2024
At Sea propose, le temps de ses 60 minutes, une véritable dérive au coeur de l'espace maritime. Peter Hutton, comme à son imperturbable habitude, tait le verbe et donne à boire des images particulièrement étonnantes à mesure que leurs moments s'enchaînent, s'égrènent pour finalement mourir sous nos yeux.
Proche de la peinture impressionniste At Sea détaille toutes les coutures du sujet filmé : le large, avec ses bords, sa profondeur et son horizon, ses micro-variations et son éternité ontologiques. Le cinéaste nous brosse là un portrait dense et plastiquement lumineux de la mer, cherchant une certaine complétude dans sa démarche puisqu'il débute son métrage par des figures humaines s'attelant au travail sur les chantiers navals, puis dévie logiquement vers le vif du sujet en enregistrant les pulsations de l'océan, vagues et autres circulations insaisissables.
Peter Hutton semble considérer la caméra comme un outil capable d'ausculter le réel, à la différence d'un James Benning qui mature davantage ses plans dans leur durée pour mieux mettre en image la rémanence du temps. Si la durée joue un rôle moindre dans l'Oeuvre de Hutton elle y demeure pourtant présente, et surtout plus complexe, moins univoque que chez Benning... Pas vraiment longs, plus incarnés, moins systématiques les plans chez Peter Hutton sont à la fois des portraits et des révélateurs existentiels, qui évitent la redondance propre au dispositif ascétique tout en formant une intrigante narration dans leur enchaînement.
Le film joue admirablement sur les échelles spatiales, montrant des coques - démesurées le plus souvent - contre lesquelles viennent s'effacer de minuscules petits bonshommes. Ce sont les lignes de forces ( à commencer par l'horizon-talité centrale ) qui permettent de mettre en relation, confronter, épouser cet infiniment grand et cet infiniment petit. L'oeuvre ne cesse d'interroger la frontière séparant son apparat plastique du contexte pratiquement sociologique des figures évoluant sur des plages, des chantiers, des récifs se consumant dans la fumée d'une photographie densément grise ou des ports stoïques, animés subitement par un jet d'eau silencieux et permanent...
Peter Hutton signe avec At Sea un documentaire pictural des plus passionnants, hybride et prodigue tout à la fois. Un cinéma du consentement tacite, qui s'apprivoise tout en effectuant une trajectoire somme toute unique en son genre. Remarquable.
Créée
le 2 mars 2017
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