Dernier film du duo Laurel et Hardy, "Atoll K" ressemble à un coup commercial (franco-italien), une opportunité, mais au vu du résultat, c'est une bien mauvaise idée.
Si Hardy fait illusion "physiquement", Laurel, malade pendant le tournage, apparait terriblement vieilli et amaigri. On en est gêné et peiné pour lui. Dans la première partie de la comédie, où les deux inséparables s'apprêtent à prendre la mer sur un rafiot pour découvrir une île qu'ils ont héritée, Laurel et Hardy jouent sur leur registre connu de la chamaillerie et de la maladresse à deux. Gags éculés, péripéties médiocres et manque de conviction: la forme et l'inspiration n'y sont plus. Et c'est filmé par Léo Joannon, qui n'est pas le meilleur cinéaste de sa génération...
Le scénario s'enlise, malgré deux autres voyageurs imprévus, et lorsque le quatuor s'échoue sur un atoll, on n'attend plus que l'arrivée de Suzy Delair, l'autre vedette du film, pour donner un peu de tonus à cette rudimentaire comédie de Robinson Crusoé. Malheureusement, le film part en roue libre, où Laurel et Hardy ne sont plus que deux personnages parmi d'autres, complètement dépassés et peut-être conscients de la médiocrité de ce qu'ils tournent. Triste fin de carrière.