J'aime bien ce que fait Julien Duvivier de façon générale parce que c'est étonnant de le voir gérer sans problème le registre de la noirceur, aussi bien quand il s'agit de faire du cinéma muet ou du cinéma parlant.
Je n'ai pas lu le roman de Zola mais ce Au bonheur des dames est très élégant. Toute cette imagerie qui fait du lieu un rêve est travaillée avec finesse et inventivité pour qu'on puisse comprendre ce qui se passe dans la tête des personnages, et en particulier bien sûr de l'héroïne.
Il y a toute une réflexion sur un changement d'époque qui est en train d'opérer, de mondes qui s'opposent. C'est le "progrès" qui est à blâmer, mais ce progrès c'est une déshumanisation et c'est ce qui fait qu'on s'identifie facilement au personnage de Denise. On comprend les enjeux du monde qui l'entoure et tout ça la dépasse évidemment.
Par contre et pour le coup ça ne dépend pas de Duvivier car si je ne me trompe pas ça a été fait a posteriori, les choix musicaux sont un peu saugrenus. C'est aussi bien cartoonesque que pompeux avec ces nombreux passages chantés et je n'irais pas jusqu'à dire que ça m'a sorti du film car il y a quelques scènes où ça passe bien, mais ce n'est pas toujours agréable.