Denise, une jeune provinciale, s’installe à Paris chez son oncle Baudu, propriétaire d’une petite boutique de draperies qui fait face au grand magasin « Au Bonheur des Dames » véritable temple de la tentation, tenu par Octave Mouret, qui bientôt engage et courtise Denise, et souhaite racheter « Le vieil Elbeuf » du vieux Baudu afin de s’agrandir encore.
Cette histoire d’affrontement entre deux commerces, entre David & Goliath, saupoudrée d’une victoire écrasante du capitalisme, en grande partie tournée dans Les Galeries Lafayette, sera le dernier film muet réalisé par Julien Duvivier qui signe là une adaptation de Zola, transposée dans l’époque contemporaine, le Paris des années 20.
La mise en scène de Duvivier est toujours inventive, virtuose, pleine de surimpressions folles, travellings vertigineux, captant le mouvement et le flux parisien permanent. Visuellement, le film est souvent étourdissant, filmant merveilleusement la foule, aussi bien à l’intérieur du grand magasin, dans les rues de Paris, au self-service que dans cette parenthèse estivale à la plage de L’Isle Adam.
Le personnage de Denise est incarné par Dita Parlo, actrice allemande, que l’on retrouve bientôt chez Vigo et Renoir, dans L’atalante et La grande illusion. Mais malgré son ampleur, narrative et visuelle, le film est un échec commercial s’expliquant en partie grâce à l’arrivée du cinéma parlant au même moment.