On aura rarement trouvé si peu d’intérêt à un film. August underground n’a aucune raison d’exister. Par ailleurs, il n’existerait pas que l’univers du Cinéma en demeurerait inchangé.
August underground est inutile. On peut excuser la violence d’un film si elle est porteuse d’un message… ce qui, bien évidemment, n’est pas le cas de ce long-métrage. A travers sa violence, la seule et unique chose que montre l’œuvre de Fred Vogel, c’est sa violence. Tout est gratuit.
Le vide que propose August underground rend difficile toute tentative de critique. On pourrait résumer le film en trois mots : du sang, du sexe, et de l’ennui. Le long-métrage est d’une médiocrité ahurissante. Pourtant, une partie des amateurs des films « underground » et extrêmes mettent August underground sur un piédestal.
Néanmoins, ce n’est pas parce que l’on ose être transgressif que l’on créé du « bon » Cinéma, ni même du « bon » Art de manière générale : s’enhardir à montrer les pires actes de torture ne fait pas de vous un grand artiste, ni même un pionnier de quoique ce soit.
Par ailleurs, pour ne rien arranger, August underground ne montre pas grand-chose : comparé à des immondices du genre d’Atroz, c’est relativement faible.
Ce que l’on pourrait éventuellement excuser, s’il y avait une intrigue intéressante et des personnages attachants. Malheureusement, il n’y a rien de tout cela. On entre immédiatement dans le vif du sujet, sans avoir eu le temps de s’attacher aux protagonistes (dans le sens le plus large du terme : bien évidemment, on ne peut pas « s’attacher » à deux tueurs en série, on ne peut pas les « aimer », mais on peut être intéressés par leur histoire). Il n’y a pas d’intrigue. Il n'y a rien.
En ce qui concerne les scènes avec des excréments, il est bien plus facile et bien moins répugnant de les visionner lorsque l’on sait qu’il s’agit en réalité de brownies.
On ressort du visionnage d’August underground avec l’impression étrange que l’on ne vient pas de voir un film. L’œuvre est vide, creuse, et insipide, à ce point.
S’il y a un point positif à souligner au sujet du film, c’est qu’il possède une esthétique bien à lui. On aura rarement vu de longs-métrages ainsi filmés, même en ce qui concerne les œuvres de genre found footage (genre auquel August underground appartient, justement).
August underground est extrêmement dur à regarder. Non pas en raison de sa violence, que d’autres films parviennent facilement à surpasser, mais tout simplement parce que tout est mauvais. Ce qui est dommage, parce que, a priori, il y avait du potentiel : d’autres œuvres ont fait quasiment la même chose, en nettement mieux (citons C’est arrivé près de chez vous, notamment).
August underground, c’est la médiocrité mêlée au vide.
On peut comprendre l’envie de faire du Cinéma sans budget. Mais, l’idéal, ce serait tout de même de faire du Cinéma que le public a envie de regarder.