Pendant la Guerre froide, le destroyer américain de l'amiral Finlander a pour mission de surveiller pour l'OTAN l'activité des sous-marins soviétiques. Finlander piste l'un d'eux et semble vouloir en découdre.
D'autant plus qu'il fut associé à l'œuvre de Stanley Kubrick, James B.Harris signe un premier film qui subit dans la forme et par son sujet analogue l'influence du "Docteur Folamour". Alarmiste, le film, contemporain de la Guerre froide, s'inquiète de la possible inconséquence d'un simple militaire, fut-il amiral, qui pourrait déclencher un conflit nucléaire. Le personnage de Richard Widmark (très bon) est présenté comme un officier belliciste. Le principal intérêt du scénario porte d'ailleurs sur sa personnalité probablement névrosée. La présence à son bord d'un civil a pour utilité d'apporter la contradiction au militaire intransigeant.
Cependant, l'action sur le navire, hormis dans les dernières séquences, est d'autant moins palpitante qu'elle propose une perspective assez vague. Le réalisateur ne parvient pas vraiment à donner de l'intensité à ce huis-clos discursif, mais sobre, dont il ressort que la guerre atomique peut provenir de l'un ou l'autre Bloc, sans distinction du bon ou du méchant. Ainsi, Finlander est flanqué d'un conseiller officieux, ancienne gloire de la marine de guerre nazie et symbole, sans doute, de l'ambivalence de l'amiral américain.