Cette critique et plein d'autres sont disponibles sur https://www.epistemofilms.fr/ avec des photographies.



Cette micro-proposition est susceptible de heurter la sensibilité des personnes n'ayant pas vu le film.


Dans l'écume de la Nouvelle-Vague, la réalisatrice charrie toute la grammaire et la poésie de ce mouvement : voix-off, regard caméra, décor-symbole, montage haché, rupture de ton, rapport introspectif et surtout cette figure du héros, ici héroïne. Un personnage téméraire et marginal, en quête d'indépendance et d'amour pour qui « Vivre c'est se libérer » (x). Se libérer du fardeau du réel d'abord. Un refus illusoire qui le rend poétique. La réalisatrice ne manquera pas toutefois, par l'utilisation récurrente du motif de la noirceur (le chien, les cavaliers, l'amant de sa mère), de rappeler la fin inéluctable. Ce sont des sursauts du réel, qui progressivement imbibent tout le métrage jusqu'à le rendre totalement sombre : comme la vue d'Ava. Par cet arrêt sur image final, la lumière n'est plus qu'un souvenir figé et intemporel. C'est aussi se libérer par le corps. (Re)découvrir ses autres sens après la privation de la vue. Elle confesse à un moment « Lorsque je me bande les yeux je disparais ». Cela passe par des mouvements, la découverte de sa sexualité mais aussi symboliquement par le retour primaire à l'argile. Un jeu d'enfant certes, mais il y a aussi quelque de chose de souterrain. Et c'est cette mue de l'innocence que filme la réalisatrice ici. Elle cultive aussi, à l'image de la photographe Sally Mann, cet érotisme subi. Elle le met en scène d'ailleurs, s'amuse du tabou pour en extraire un lyrisme. Elle esthétise sans complexe ce corps de jeune fille. Elle l'érotise. Comme cette scène-tableau d'Ava de dos en odalisque dans une pénombre aux reflets pourpres. L'héroïne devient un totem. Enfin, la musique donne des accents singuliers et étranges à ce métrage qui lui confère une épaisseur presque magique, surnaturelle que les hallucinations confirment.


Ainsi, plus que la figure peinte de Pierrot le fou (1965), c'est cette même urgence de vivre, hors du temps et destructrice, que capte la réalisatrice. Cette jeunesse qui s'enivre d'éphémère.


Cela reste une micro-proposition, qui ne se prétend ni éclairée ni éclairante mais sincère, en suspens et soumise aux avis contraires et constructifs.

Moodeye
8
Écrit par

Le 19 avril 2019

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