Avalon m'avait particulièrement marqué à sa sortie, avec une esthétique unique et des musiques mémorables.
Après 25 ans et un nouveau visionnage, je dois bien reconnaître que le film a plus de défauts que dans mes souvenirs.
Au positif, on garde un univers visuel singulier, des scènes "jeu vidéo" plutôt réussies et quelques très beaux morceaux de musique. On trouve aussi de belles scènes contemplatives, même si l'ensemble sent un peu le manque de thunes.
Le scénario est intéressant sur le papier : des joueurs obsédés par un jeu, Avalon, qu'ils préfèrent à la réalité. Les meilleurs d'entre eux partent en quête d'un niveau caché, prêts à rester des légumes dans la vie réelle pour continuer à exister dans le monde fantasmé, une sorte de Matrix volontaire, finalement.
Le film n'explique pas grand-chose, et la profondeur qu'il vise ne prend jamais. Il n'y a pas d'enjeux, ni de finalité. Oshii esquisse un univers mais ne lui donne aucune consistance.
La fin n'arrange rien, ne justifie rien et n'est pas intéressante.
Reste une bande-son magistrale de Kenji Kawai et une direction artistique unique, mais 25 ans après, Avalon ressemble surtout à une belle promesse non tenue.
À noter, il est amusant que le créateur de « Ghost in the Shell » (qui a inspiré Matrix) n'ait pas réussi à faire une meilleure « réponse » à Matrix, alors même qu'il revendique une opposition assez frontale à ce dernier.