C'est la vie d'un gars... et en plus il est poète et gay et a vécu sous le régime Castriste

Bof je suispas très fan des biopic. C'est comme tous ces films basés sur des faits réels et dont les scénaristes partent de l'idée qu'on peut tout raconter vu que c'est réellement arrivé. mais non, en narration il y a des règles à respecter, c'est toujours mieux d'avoir un objectif, des enjeux, des conflits à résoudre... Le misérabilisme et les récits décousus, très peu pour moi.

Before the night falls ne tombe pas trop dans ces catégories pourtant. Toute la partie où le poète est adulte, à Cuba, sont intéressantes, on ne ressent pas trop les sautes temporelles, il y a une continuité dans les enjeux, et puis c'est un coup d'oeil sur l'ambiance de ce pays au gouvernement instable assez bien transmis. Mais ça manque d'envergure, ça reste trop coincé dans 'on va vous montrer la vie incroyable de ce gars là', du coup il faut se taper une dernière parti (20minutes) de misérabilisme où il n'y a pas vraiment d'enjeux ; ça tourne un peu à vide.

Côté mise en scène j'ai bien aimé le visuel. Je me suis longuement interrogé sur la qualité de l'image, croyant que c'était un TVRIP de maigre qualité mais dont les conséquences sont plutôt heureuses (un beau grain et une sous exposition qui rend les cadrages plus intéressants) ; après recherche sur IMDb, j'ai compris que c'était un filtre que le réalisateur avait imposé. L'ambiance est vraiment bien mise en boîte ; on y croit à ce Cuba. Bon visuellement, il n'y a pas de différence d'une année à l'autre, mais au moins on ressent la moiteur de l'air. Les acteurs sont bons. Les apparitions de Sean Penn et surtout Johnny Depp m'ont surpris, je ne m'y attendais pas. Javier est bon, il paraît super jeune dans ce film, alors qu'il fait bien aujourd'hui ses 40 ans passés.

Julian Schnabel, c'est un réalisateur qui m'intéresse pour son boulot sur 'Le scaphandre et le papillon', un film bouleversant et qui ne tombe jamais dans le misérabilisme. Si je retrouve un soin aussi maniéré dans l'esthétique de ce film-ci, j'ai par contre été très déçu de l'écriture. 'Basquiat' m'intéresse toujours quand même (puis maintenant que je l'ai ce serait bête de l'ignorer).

Bref, un film beau visuellement, avec quelques parties intéressantes au niveau de la narration, mais tout de même trop décousu et trop 'ce type a vraiment existé'. Pas pour moi, quoi !
Fatpooper
5
Écrit par

Créée

le 20 mars 2013

Critique lue 546 fois

Fatpooper

Écrit par

Critique lue 546 fois

2

D'autres avis sur Avant la nuit

Avant la nuit

Avant la nuit

7

LeJezza

81 critiques

Dolores, Dolores

Le peintre Julian Schnabel livre un biopic sur le poète cubain homosexuel Reinaldo Arenas certes bourré de défaut mais emprunt d'un lyrisme indéniable et fascinant. Il fait quelques erreurs: un...

le 2 avr. 2014

Avant la nuit

Avant la nuit

7

klauskinski

520 critiques

Critique de Avant la nuit par klauskinski

Ode à Cuba mais pamphlet anti-Castro, Avant la nuit est autant le portrait d'un homme que la retranscription d'une ambiance, la peinture d'un état d'esprit. Film revendiquant son homosexualité, il...

le 20 mars 2011

Avant la nuit

Avant la nuit

6

Goodfeles-VK

4049 critiques

Critique de Avant la nuit par Goodfeles-VK

L'ensemble est un peu trop mou du genou pour figurer dans les grands biopics,l'athlétique Bardem captive dans la peau de Reinaldo Arenas.

le 21 févr. 2026

Du même critique

Taxi Driver

Taxi Driver

5

Fatpooper

14119 critiques

Critique de Taxi Driver par Fatpooper

La première fois que j'ai vu ce film, j'avais 17ans et je n'avais pas accroché. C'était trop lent et surtout j'étais déçu que le mowhak de Travis n'apparaisse que 10 mn avant la fin. J'avoue...

le 16 janv. 2011

Les 8 Salopards

Les 8 Salopards

5

Fatpooper

14119 critiques

Django in White Hell

Quand je me lance dans un film de plus de 2h20 sans compter le générique de fin, je crains de subir le syndrome de Stockholm cinématographique. En effet, lorsqu'un réalisateur retient en otage son...

le 3 janv. 2016

Strip-Tease

Strip-Tease

10

Fatpooper

14119 critiques

Parfois je ris, mais j'ai envie de pleurer

Quand j'étais gosse, je me souviens que je tombais souvent sur l'émission. Enfin au moins une fois par semaine. Sauf que j'étais p'tit et je m'imaginais une série de docu chiants et misérabilistes...

le 22 févr. 2014