*Critique originale disponible sur Duotaku no Sora*


Une vie s'achève. Une autre commence.

Sur la planète Pandora située à des années-lumière de la Terre règne un conflit grandissant entre les Hommes cherchant à trouver des ressources rares et les Na'vis, peuple indigène en communion avec la Nature. Afin de régler cela de manière pacifiste, le programme AVATAR est mis en place. Il consiste à envoyer des clones Na'vis créés à l'aide de gêne humains et na'vis. Ces clones pilotés par des humains ont donc pour mission d'unifier les deux peuples. Néanmoins suite à une énième friction, la collaboration semble désormais définitivement compromise.

C'est dans ce contexte qu'arrive Jack Sully, ancien marine désormais tétraplégique devant remplacer son frère décédé dans le rôle de pilote d'Avatar.


Un nouvel univers à explorer : Pandora


Nous sommes en 2009, une époque pas si lointaine mais durant laquelle un film fait sensation. Pourtant à première vue, il y a de quoi s'interroger sur ce que peut conter le film au vu de l'affiche représentant un être bleu. Mais le réalisateur est loin d'être anodin, après tout James CAMERON n'est nul autre que celui ayant réalisé un des films les plus titanesques de son époque, à savoir Titanic.


Et aujourd'hui il nous présente son nouveau projet : AVATAR. Une annonce qui fit grande sensation, Cameron déclarant très vite que l'univers de Pandora, planète où se déroule l'intrigue, est assez vaste pour pouvoir produire encore 3 films supplémentaires. Les résultats aux box-office étant de bon augure, Walt Disney Company suite au rachat de la 21st Century Fox lui octroiera finalement le droit d'en produire 4 de plus, la franchise devant donc comptabiliser 5 longs-métrages au total. Néanmoins tout ceci ne reste que spéculations puisqu'à l'heure actuelle, après de nombreux reports du deuxième film suite à la COVID-19 et à des problèmes de planning (Disney ne voulant pas que le film sorte en même temps que le nouveau Star Wars de 2017), AVATAR : La voie de l'Eau aura fini par arriver en salle ce 14 décembre 2022, soit 13 ans après le premier volet. Mais nous reviendrons sur cette suite un autre jour, pour l'heure il est temps de faire un bond en arrière et de revenir sur le précurseur de la franchise.


Préparez-vous, nous partons donc pour Pandora.


AVATAR conte une histoire à priori très classique où l'on va suivre Jake Sully, ancien marine qui va remplacer son frère décédé Tommy dans le Programme Avatar sur la planète Pandora. Pandora est une planète située à 4,4 années lumières de notre système solaire qui va être le terrain d'un conflit entre les Na'vi, espèce extraterrestre et indigène, et les humains qui cherchent à coloniser la planète afin d'en extraire l'unobtanium, un minerai précieux et aux capacités incroyables. Le programme Avatar a donc été mis en place afin de pacifier les deux camps en envoyant des clones Na'vis associés à des gênes humains pour chercher une solution pacifiste afin de permettre aux deux peuples de cohabiter. Néanmoins suite à plusieurs interventions armées, les deux clans sont à bout. Jake qui vient seulement d'arriver dans le programme Avatar va se faire sauver lors d'une excursion par Neytiri, une Na'vi qui va devoir le prendre sous son aile et faire de lui un membre de son peuple.


On a donc à un synopsis déjà vu et revu aussi bien dans sa trame que dans son message éculé, si bien qu'à l'époque certains disaient qu'AVATAR n'était qu'une simple repompe de Pocahontas: La Légende Indienne avec des schtroumpfs. Mais mauvaises langues et a priori mis à part, il s'avère qu'AVATAR en racontera au final bien plus que cette guerre humains-Na'vi.


En effet l'histoire tournera avant tout autour de la Nature avec le peuple Na'vi qui est en lien perpétuel avec celle-ci et abordera également des thèmes très spirituels, puisqu'au-delà de dompter une monture, Jake tout comme les Na'vi, devra d'abord apprendre à se connecter à elle. Le film abordera aussi le thème de la mort dans une scène là aussi très spirituelle où Jake comprendra que les morts et les ancêtres des Na'vis sont toujours présents parmi eux, ou encore celui de la foi avec Eiwa, une divinité Na'vi qui maintiendrait l'équilibre de l'écosystème de Pandora. Bien sûr, l'être humain sera lui aussi dépicté à travers son angle le moins reluisant puisqu'il sera montré dans sa nature de conquérant et de maître incontesté du savoir le disposant à détruire ce qui lui chante au nom de sa propre prospérité. Car au-delà de faire fi de ce que souhaitent partager les Na'vis, les humains dans AVATAR chercheront également à leur imposer leur culture, nous ramenant à certains événements historiques peu glorieux dans l'Histoire de l'humanité.


Le peuple extraterrestre mieux exploité que le peuple humain


Mais tout ça mis de côté, le film narrera donc principalement l'histoire de Jake Sully, ancien marine désormais tétraplégique qui va se sentir renaître dans son corps d'avatar puisqu'il pourra à nouveau faire usage de ses deux jambes. C'est lors d'une excursion qu'il va se retrouver séparé de son groupe et fera la connaissance de Neytiri qui par un concours de circonstances devra lui apprendre à devenir un membre du peuple Na'vi, et pour cela pas d'autres choix que de devoir tout réapprendre pour Jake. Ainsi outre le fait d'apprendre à manier son nouveau "corps", Jake reverra également toute sa perception du monde qui l'entoure aux côtés de la Na'vi Neytiri et de son peuple. Un personnage qui malgré son parcours assez classique proposera tout de même une belle évolution et sera finalement prêt à tout pour aider le peuple na'vi. Dans les humains, nous pouvons également citer Norman, un autre compagnon de Jake lui assigné au programme Avatar qui soutiendra son ami et le peuple Na'vi du mieux qu'il le peut, ainsi que Grease, une chercheuse supervisant le programme qui cherchera à approcher les Na'vis avec respect tout en leur enseignant les bases du langage des hommes. Malheureusement elle se retrouvera rapidement pieds et poings liés par l'armée, obligée de suivre ses instructions malgré son désaccord avec elle.


Enfin nous avons le Colonel Miles Quarritch qui sera la représentation très clichée du soldat qui tire d'abord et réfléchit ensuite, toute une incarnation toxique de l'américain conquérant ne cherchant pas à comprendre les mœurs d'autrui. En somme un antagoniste qui rappelle les grands méchants des années 90...


Ainsi si les personnages resteront très classiques dans leur développement et que le camp des soldats américains sera victime d'une écriture peu subtile faisant l'apogée d'une masculinité toxique où personne ne cherche à comprendre un instant le peuple natal de Pandora, les autres personnages se révéleront néanmoins bien plus intéressants, en particulier Jake qui a toute une histoire de vie et de renaissance avec le Programme Avatar et sa rencontre avec les Na'vis. On peut également mentionner le fameux peuple Na'vi qui pour sa part nous présente une autre manière de vivre en harmonie avec la nature, honorant ses proies et étant continuellement à l'écoute de ce qui l'entoure. Ainsi un peuple très indigène aux premiers abords comme le laisse croire le colonel Miles dans les premières minutes du film mais qui ne sera au final qu'un peuple cherchant à se défendre contre l'envahisseur.


Un film toujours aussi superbe malgré son grand âge


Au niveau technologique, le film est superbe. Déjà une pure claque technologique en 2009 au point qu'il avait permis de redynamiser la technologie 3D en salles, même aujourd'hui il n'a pas à rougir de son bel âge. L'univers est magnifique, que ce soit sur le plan visuel ou sur le design des différentes créatures qui peuplent la faune de Pandora comme les Banshee. La mise en scène, elle, suivra l'évolution de Jake et la vision qu'il a du monde qui l'entoure. Si la première heure montrera Pandora comme un monde inhospitalier et dangereux, plus Jake évoluera dedans, plus Pandora deviendra lumineux, et cela se remarquera par des plans tout simplement magnifiques, ou via des créatures de moins en moins hostiles, ou plus simplement par le travail de mise en scène écourtant de plus en plus les passages de Jake hors de son corps d'avatar tandis que les scènes où il est avec les na'vis se multiplieront. Ainsi Jake sera notre propre témoin visuel au cours de l'aventure, permettant d'immerger plus facilement le spectateur dans ce nouvel univers.


Néanmoins si la technique n'a rien à prouver, ce sera moins le cas de l'écriture qui on l'a déjà dit demeure très classique. Si les messages propres au film fonctionnent, tout comme l'histoire de Jack, ce sera moins le cas de l'intrigue globale qui reste très clichée avec des personnages fonctions qui ne se remettront jamais en question, au contraire de Jack par exemple. Un point regrettable donc même s'il semblerait que Cameron avait achevé le scénario du film en 1994 et qu'il avait attendu plusieurs années afin d'obtenir l'avancée technologique dont il avait besoin pour pouvoir mettre en scène son œuvre. Vrai ou non, je laisse ça aux connaisseurs !


Mais si Pandora parvient à nous immerger malgré tout, ce n'est pas que grâce à son enrobage visuel fort impressionnant, mais aussi grâce à ses musiques composées par James HORNER qui parvient à livrer une composition tantôt mystérieuse soulignant l'arrivée de Jack dans ce nouveau monde, tantôt grandiloquente avec plusieurs morceaux où l'on peut entendre des chœurs Na'vi. En somme une composition variée mais là-aussi envoûtante et soulignant à merveilles aussi bien les scènes d'action que les passages plus émouvants.


« Je te vois. »


Ainsi AVATAR est un film qui possède une histoire classique et déjà vu mais qui n'en reste pas moins une belle fable écologique, abordant aussi l'histoire de la renaissance d'un homme au sein d'un nouveau corps et d'un nouveau peuple qu'il défendra même au péril de sa vie. Si le film peut parfois compter quelques longueurs, il n'en demeure pas moins un très bon long-métrage pour ceux désirant s'immerger dans un univers fantastique.



Duozora
7
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le 27 août 2023

Critique lue 17 fois

Duozora

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