Je veux le même directeur artistique
Avatar est une vitrine technologique, ni plus ni moins, il ne faut pas lui en demander plus. Une vitrine pour la 3D, pour l'avancée de la capture-motion. J'ai fais l'erreur lors de mon visionnage de regarder le jeu des acteurs, le scénario, la réalisation. De ces points de vue, je me suis du coup plutôt ennuyé.
Je sais pas mais Sam Worthington a quelque chose dans ce film qui m'a passablement énervé ( sous sa forme « humaine » ). Soit il ne sait pas jouer, soit c'est le personnage qu'il campe qui me donne cette impression. Je sais pas il a quand même " Worth " dans son nom alors il doit bien valoir quelque chose ! ( Tu peux arrêter de lire si tu as trouvé cette blague foireuse )
Il est inexpressif au possible alors que l'on est censé justement ressentir le monde d'Avatar à travers lui, notamment grâçe à son journal intime vidéo. A part sa fatigue mentale et physique qui d'ailleurs n'est pas si bien rendue que ça, cela n'est pas très concluant. Du coup, il y a besoin de dépeindre Pandora sous un autre angle, et comme James Cameron a le sens du spectacle, on a droit à des dizaines et des dizaines de minutes en vue globale sur des paysages certes travaillés et magnifiques mais peu originaux et lassants.
Ce qui m'énerve dans ce film, c'est l'obsession de Cameron a suçer jusqu'à la moelle tous les petits concepts en vogue. L'écologie, le blockbuster mytho-inventif, l'avancée technologique ... Tout y passe et ça use car on a plus l'impression d'assister à un condensé de hype mondain qu'à un vrai film personnel et frais.
Ce qui m'énerve encore plus, c'est ce foutu colonel, à peine pas cliché, tellement en fait que TOUTES ses scènes m'ont profondément emmerdées. L'acteur joue comme un pied et en fait des tonnes pour au final pas grand-chose de constructif hormis « On va tout péter parce que c'est olol ». Sans compter les dix minutes de canardage du gros arbre pour bien te faire comprendre avec beaucoup de subtilité ( ou pas ) que l'écologie c'est l'avenir, oui toi, petit con qui balance tes chewing-gum dans la rue.
J'ai eu l'impression aussi d'un mauvais raccord sur certaines scènes comme si ils avaient oublié un bout des dialogues voire de ce qu'ils ont filmé, par exemple avec le gros bulldozer, le jeune se réveille sans savoir ce qui se passe et direct fait des gestes de protestation envers l'engin, WTF ? A sa place j'aurais d'abord eu une LEGERE expression de surprise sur mon visage nan ?
Mais le pire, en fait, c'est la non-utilisation d'éléments scénaristiques qui font de ce film de 2h40 un film finalement vide. Pourquoi en ont-ils fait un film de grand spectacle avec plein de gros fights bien gras et bien poilus ? Certes la mise en scène en jette mais j'en attendais bien d'autres choses ! Le héros ne peut plus se servir de ses jambes et le peut dans son corps, la transition et sa joie sont tout juste montrées et on en entend plus parler de tout le film, pourtant ça aurait pu faire un parallèle intéressant et une étude sérieuse post-moderne sur la difficulté psychologique d'intégrer un nouveau corps ! Bon j'en demande peut-être beaucoup mais c'est une piste. De même, on met de côté l'aspect Pocahontas de la relation entre les deux tourtereaux ( oui le baiser est crédible mais on s'en fout quoi ! ) et leur étreinte charnelle, chevelue et assez repoussante ( Han oui ça me fait kiffer de toucher tes tentacules capillaires avec les miennes ! ), preuves d'un mauvais goût assez impressionnant, mais on aurait pu un peu plus parler de la relation fusionnelle qui existe entre l'animal et le Na'Vi quand il le monte !
Bon j'aurais pu continuer mais je crois que j'en ai assez dis, la prochaine fois que je le verrai, je m'extasierai seulement devant l'univers en espérant résister aux scènes avec le colonel et passer outre les grosses ficelles scénaristiques.