Terriblement mal vendu par une campagne promo survoltée, Hail Caesar ! ne peut qu'imposer une certaine déception au premier regard. Opérant une amère crise de foi au sein même du système hollywoodien en plein âge d'or, les frères Coen manigancent quelque cynique dessein, insaisissable, derrière une galerie d'étoiles éphémères, un chœur de personnages certes désopilant mais manquant singulièrement de substance et de développement, tous pantins du héros quasi-christique d'Eddie Mannix qui subit leurs déboires et autres toxiques signes cinématographiques. Un peu à sa manière, nous subissons, nous spectateurs, cette succession de scénettes qui manque de ce souffle typique aux Coen. Mais cessons de grogner telle l'excentrique journaliste à deux facettes Thora Thacker à la conquête de sombres affaires mises sous silence : Hail Caesar ! conserve un fort capital sympathie, le charme kitch opère, et de nombreuses scènes certes autonomes font mouche (les déboires de Frances McDormand dans la salle de montage sont un délice), moteurs d'une déclaration d'amour à une ère du cinéma où la pellicule était le bandage de tous les maux, le rideau rouge qui se fermait devant les complots.
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