Avec le sourire, de la malice et du baratin aussi, on arrive à tout. Pour le vagabond Victor, c'est gravir les marches du cabaret "Le Palace" et d'y faire son trou entre audace et opportunisme.
Au début, le film de Maurice Tourneur semble aussi futile et souriant qu'une chanson de Maurice Chevalier. Et il est plutôt plaisant malgré ses grosses ficelles. Et puis, sans crier gare, le film prend du sens. Imperceptiblement, l'ambivalence de Victor -et celle d'autres personnages, tel le directeur du Palace joué par Lefaur ou cette girl et petite amie de Victor- se dessine et introduit les éléments d'une fable à la Frank Capra, une fable sur l'arrivisme et l'ambition, mais toujours dans la bonne humeur, telle cette séquence cocasse où le personnage de Maurice Chevalier corrompt avec le sourire un haut-fonctionnaire de la Culture -coup de griffe à la mentalité de la Troisième République des années 30.
Le film reste une comédie, ne change pas vraiment de tonalité, sinon qu'elle trouble l'image de Victor. Maurice Tourneur a la bonne idée de ne pas alourdir son récit de considérations morales appuyées et de ne pas conclure par un sermon ou par une idée consensuelle.