Revu récemment, Avengers m’est apparu bien plus faible que dans mon souvenir. Les scènes d’action sont particulièrement brouillonnes : fusillades illisibles, découpage confus, montage ultra-cut pour masquer une chorégraphie médiocre. Loin de la maîtrise d’un Gareth Evans (The Raid), où chaque coup est ressenti avec intensité et où la caméra laisse l’action respirer, ici tout est bruit, flash et agitation.
Mais au-delà de la mise en scène, un autre point m’a frappé : l’absence presque totale de civils. Une bataille rangée en plein New York, et pourtant on a l’impression que la ville est vide. Où est l’enjeu humain ? Où sont les gens à sauver ? On ne peut pas s’impliquer émotionnellement si les conséquences restent abstraites. De même, on nous dit que Loki a tué 80 personnes, mais sans jamais nous le montrer. Résultat : aucune tension, aucune haine, juste une menace aseptisée.
Avengers n’est pas un désastre, mais c’est un film de façade, sans chair, qui repose uniquement sur le plaisir de voir des héros réunis. Dix ans plus tard, ce simple effet de nouveauté ne suffit plus.