Sans enthousiasme, Stéphane accepte de reprendre son rôle dans Ma sœur s’incruste et de présenter la pièce au Festival d’Avignon. Il y croise Fanny, une comédienne prometteuse, qui, à la suite d’un malentendu entretenu, croit qu’il interprète Rodrigue dans Le Cid.
Sur le pont d’Avignon, on y danse tous en rond. Malgré l’ambiance festive et solidaire, la guerre est déclarée entre théâtre classique, côté cour, et le boulevard, côté jardin. Ce contraste un brin forcé oppose les condescendants subventionnés maîtrisant l’art de la stance aux galériens « popus », payés aux rires du public. Pris dans un enchevêtrement de mensonges et de quiproquos, Stéphane voit son jeu de séduction glisser vers le vaudeville de la comédie romantique sauvée in extremis par un deus ex machina peu crédible.
Heureusement, dans le rôle, Baptiste Lecaplain n’abdique jamais, soutenu par Alison Wheeler, précieuse et loin d’être ridicule. Johann Dionnet, acteur et réalisateur pour la première fois, s’avère plus habile pour croquer l’esprit Avignon, qui, sous un soleil de plomb, anime troupes pleines d’espoir et publics cibles, éparpillés entre le in, le off et le out. Affichage, tractage, parades, soirées privées et climatisation sont autant de passages obligés pour tenter de réunir ce petit monde hétéroclite dans une même salle. De cette approche documentée émane une vivacité qui donne envie de répliquer : « Va, film, je ne te hais point ! »
(6.5/10)
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