Soucieux de représenter la porosité entre la scène de théâtre et le théâtre du monde, faisant d’Avignon en festival une ville bicéphale sinon monstrueuse dans laquelle les masques sociaux sont plus lourds à porter que ceux des pièces jouées, le film de Johann Dionnet échoue à retranscrire cette ambition par le cinéma, art réduit à l’illustration de saynètes – les plans publicitaires sur les remparts, comme empruntés à une agence de voyage, servent de liant – rythmées par un comique de répétition qui devient vite lassant. Les personnages, enfermés dans leur caractère respectif, règlent leurs compte une heure et demie durant, se séparent et se rassemblent, se tournent autour, utilisent l’art dramatique à des fins personnelles sans que ces dernières n’enrichissent ou n’interrogent le premier ; en cela, la clausule restreint le théâtre de boulevard à un marchepied vers le réel, conclusion simpliste que refusaient pourtant quelques très belles idées (la déclamation d’une scène du Cid de Corneille, par exemple) au service d’un discours égalitariste sur les genres face au mépris exprimé par les classiques.