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le 20 juil. 2017
SuivreA million miles away
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Ma découverte de Running Man d’Edgar Wright me pousse vers celle longtemps repoussée de son Baby Driver. Je craignais un film de frimeur. Dans frimeur, j’entends « se la raconter ». Voire « faire le kéké », ce qui rajoute un côté excessif et vulgaire que je tolère difficilement. Finalement, frimeur, Baby Driver l’est. Mais peut-on encore parler de frime lorsqu’il y a objectivement du talent ?
Baby, c’est Miles. Jeune. Orphelin. Mais surtout, excessivement doué derrière un volant. Il a un trait distinctif : il porte des écouteurs. En permanence. Non pas pour se donner un genre ou se singulariser – reproche que lui adresse les braqueurs joués par Jon Bernthal et Jamie Foxx, tous deux des frimeurs patentés. Mais parce qu’il a des acouphènes. La musique lui rend le sifflement dans ses oreilles plus supportable. Un sifflement dont l’origine est l’accident de la circulation dont ont été victimes ses parents. Ce dont Miles souffre et s’accommode, c’est donc d’un bruit persistant né d’un trauma de l’enfance. Malgré cette bulle musicale et ses lunettes de soleil, Miles n’est pas totalement isolé du monde extérieur ; il lit sur les lèvres. Et la musique lui permet par ailleurs de nouer des relations fortes avec son vieux colocataire sourd et la jeune serveuse dont il s’éprend. La musique est donc autant une manière pour le film de jouer la carte de la décontraction qu’un moyen pour son héros d’habiter son existence.
De cette matière narrative, il faut ensuite produire quelque chose. Et là, Edgar Wright passe la cinquième. Le montage. Le mixage. Les cuts et le bruit des armes à feu – ou celui d’un caddie renversé. Ça pulse. Ça palpite. De l’ultrascore, tel que conceptualisé par le pianiste Christophe Chassol dans les années 2000. Wright opère ici une harmonisation du réel (du film) autour de la bande son – composée 95 % de musique préexistante – tandis que Miles cale le morceau choisi sur son rodéo. Il y avait de cela dès Shaun of the Dead, dans la séquence du bar sur fond de Don’t Stop Me Now du groupe Queen. Mais avec Baby Driver, le réalisateur étend ce procédé sur la durée d’un long métrage. De cette folle synergie entre son et image, naît un film d’action musical percutant et virtuose.
Créée
le 16 août 2026
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