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Chazelle persiste et signe avec cette lettre d'amour au cinéma, qui n'oublie pas de montrer les dérives outrancières de son existence même. Dès la première scène, le ton est donné: un éléphant nous chie à la gueule. Car nous sommes avant le Code Hays et avant le parlant, et que la bienséance est absente d'une industrie qui est définie par ses corps en mouvement et son exubérance.
De son prologue orgiaque et démesuré, à son final révérant face à un siècle d'art, Chazelle tisse une toile ample de 3h08 où une galerie de personnages fonction traité avec bienveillance, et campés avec maestria, immerge le spectateur dans l'époque de la première révolution technique et morale que connaîtra Hollywood, avec au cœur du film cette scène répétée par sept fois, attestant d'une nouvelle façon de procéder. Une lettre d'amour donc, où sensation et émotion se conjuguent, portée par la toujours fantastique BO de Hurwitz, et où la mise en abyme du spectateur se révèle être le clou du spectacle.
Un triomphe.