Bachelorette de Leslye Headland ambitionnait de dynamiter les codes de la comédie de mariage classique. En voulant mêler humour noir et portrait au vitriol de l'amitié féminine, le film avait toutes les cartes en main pour marquer les esprits. Pourtant, malgré quelques éclairs prometteurs, le résultat m’a laissé avec une impression d'inachevé – d’où ma note de 5.5/10.
L'intention de Headland est claire : dresser le portrait cru d'une génération rongée par le mal-être sous des dehors fêtards. Sur le principe, cette approche sans fard est séduisante. Certaines scènes, qui flirtent avec une brutalité émotionnelle inattendue, montrent que le film aurait pu être bien plus qu’une simple "comédie trash". Mais cette ambition est rapidement noyée sous une écriture déséquilibrée, oscillant maladroitement entre farce hystérique et drame pesant.
Les personnages, volontairement antipathiques, manquent de profondeur : au lieu de figures complexes et nuancées, on se retrouve face à des caricatures hystériques. L’empathie que le film aurait pu provoquer est sabordée par une mise en scène qui survole les blessures plutôt que de les creuser. À force de courir après les punchlines et les scènes de chaos, Bachelorette oublie de construire un véritable lien émotionnel avec le spectateur.
La réalisation nerveuse et volontairement chaotique pourrait sembler cohérente avec le propos, mais elle finit par accentuer la sensation d'urgence vaine, comme une gueule de bois qu’on aurait préférée éviter. Même les performances, pourtant solides sur le papier, n’arrivent pas totalement à sauver l’ensemble : Kirsten Dunst impose une froideur cinglante, Lizzy Caplan tente d’apporter un peu de cœur, mais Isla Fisher reste enfermée dans son registre habituel sans surprise.
Au final, Bachelorette ressemble à une soirée qui voulait être mémorable mais finit en règlement de comptes poussif. Le film avait matière à être à la fois cruel et touchant ; il se contente d’être acerbe et brouillon. Un rendez-vous manqué, non sans quelques qualités, mais loin de ses promesses initiales.
Sous ses airs rebelles, Bachelorette manque de maturité et d’acuité pour laisser une véritable empreinte. Dommage.