Quand je suis venu emprunter à la bilbiothèque, l'une des personnes gérant le rayon DVD m'a vendu ce titre de la manière suivante : "ça démarre comme un film social pour dévier peu-à-peu vers le règlement de comptes à la John Carpenter". Rien qu'avec cette description, j'ai été curieux de le découvrir. Et je n'ai clairement pas été déçu car c'est exactement sous cette forme que se présente Bucarau. Mais attention, il faut s'accrocher au début car le long-métrage semble prendre une voie sans vraiment savoir où aller. Démarrant sur le décès de la doyenne d'un village du Nordeste du Brésil, le film va tellement mixer les genres qu'on se demande où il veut en venir. Drame social, western, film de gangsters... même la SF est convoquée, via un carton posant le cadre d'un "futur proche" et faisant littéralement intervenir un OVNI des années 50 - je peux vous dire qu'à ce moment-là, je me suis demander ce que j'étais en train de regarder ! Si cette longue première partie peut déconcerter et faire peur, l'ensemble parvient à prendre forme petit-à-petit. A surprendre - dans le bon sens du terme - quand tout se met en place. Et oui, Bacurau est clairement une oeuvre que n'aurait pas renié Carpenter ! Par son aspect généreux et bourrin, qui permet au film de se montrer fun et jouissis. Mais aussi par sa dimension sociale et politique. Car au-delà de ce qui se présente comme un sacrée délire, Bacurau est avant toute chose une satire, une métaphore. Par ce récit, le duo de cinéastes pointe du doigt un gouvernement qui tend à dénaturer les villages du Nordeste, pour faire de cette région une zone purement touristique et ce au détriment des habitants. Plus qu'un extravagant trip sous produits illicites, Bacurau est une critique pour le moins acide, et c'est ce qui fait son charme. Une bonne découverte, que je recommande en retour !