Quand je suis venu emprunter à la bilbiothèque, l'une des personnes gérant le rayon DVD m'a vendu ce titre de la manière suivante : "ça démarre comme un film social pour dévier peu-à-peu vers le règlement de comptes à la John Carpenter". Rien qu'avec cette description, j'ai été curieux de le découvrir. Et je n'ai clairement pas été déçu car c'est exactement sous cette forme que se présente Bucarau. Mais attention, il faut s'accrocher au début car le long-métrage semble prendre une voie sans vraiment savoir où aller. Démarrant sur le décès de la doyenne d'un village du Nordeste du Brésil, le film va tellement mixer les genres qu'on se demande où il veut en venir. Drame social, western, film de gangsters... même la SF est convoquée, via un carton posant le cadre d'un "futur proche" et faisant littéralement intervenir un OVNI des années 50 - je peux vous dire qu'à ce moment-là, je me suis demander ce que j'étais en train de regarder ! Si cette longue première partie peut déconcerter et faire peur, l'ensemble parvient à prendre forme petit-à-petit. A surprendre - dans le bon sens du terme - quand tout se met en place. Et oui, Bacurau est clairement une oeuvre que n'aurait pas renié Carpenter ! Par son aspect généreux et bourrin, qui permet au film de se montrer fun et jouissis. Mais aussi par sa dimension sociale et politique. Car au-delà de ce qui se présente comme un sacrée délire, Bacurau est avant toute chose une satire, une métaphore. Par ce récit, le duo de cinéastes pointe du doigt un gouvernement qui tend à dénaturer les villages du Nordeste, pour faire de cette région une zone purement touristique et ce au détriment des habitants. Plus qu'un extravagant trip sous produits illicites, Bacurau est une critique pour le moins acide, et c'est ce qui fait son charme. Une bonne découverte, que je recommande en retour !

sebastiendecocq
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de 2019, Cannes : Compétition 2019 et Films vus en 2026

Créée

hier

Critique lue 1 fois

Critique lue 1 fois

D'autres avis sur Bacurau

Bacurau

Bacurau

7

limma

le 8 avr. 2020

Suivre

Critique de Bacurau par limma

En prenant pour exemple un petit village du Nordeste du Brésil disparaissant des cartes, sans réaction du monde ni vraiment de ses habitants, confrontés depuis toujours à une certaine solitude, ...

Bacurau

Bacurau

7

Velvetman

le 28 sept. 2019

Suivre

Résistance

Le 72ème Festival de Cannes continue à défeuiller son programme. Après Les Misérables de Ladj Ly, c’est au tour de Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles de s’ouvrir à nous. Une...

Bacurau

Bacurau

8

Garrincha

le 25 sept. 2019

Suivre

Le village des damnés

Nous sommes dans un futur très proche. Tout le Brésil est occupé par l’empire techno-capitaliste… Tout ? Non ! Un village du Nordeste peuplé d’irréductibles locaux résiste encore et toujours à...

Du même critique

Batman v Superman - L'Aube de la Justice

Batman v Superman - L'Aube de la Justice

8

sebastiendecocq

le 28 mars 2016

Suivre

Un coup dans l'eau pour la future Justice League

L’un des films (si ce n’est pas LE film) les plus attendus de l’année. Le blockbuster autour duquel il y a eu depuis plusieurs mois un engouement si énormissime que l’on n’arrêtait pas d’en entendre...

Passengers

Passengers

5

sebastiendecocq

le 29 déc. 2016

Suivre

Une rafraîchissante romance spatiale qui part à la dérive

Pour son premier long-métrage en langue anglophone (Imitation Game), Morten Tyldum était entré par la grande porte. Et pour cause, le cinéaste norvégien a su se faire remarquer par les studios...

La Fille du train

La Fille du train

4

sebastiendecocq

le 28 oct. 2016

Suivre

Un sous-Gone Girl, faiblard et tape-à-l'oeil

L’adaptation du best-seller de Paula Hawkins, La fille du train, joue de malchance. En effet, le film sort en même temps qu’Inferno (à quelques jours d’intervalles), un « Da Vinci Code 3 » qui attire...