Notes sur le film : Comme dans Les Douze Salopards (1967), Robert Aldrich présente un ramassis de personnages antipathiques, à savoir des jouisseurs agressifs envers les femmes et les minorités, sexuelles ou raciales. Puis, à l’instar de son film de guerre, le cinéaste s’attache ensuite à humaniser ces flics imparfaits, en nous présentant les problèmes qui les maintiennent au ras-du-sol, que ces derniers soient personnels ou structurels – la hiérarchie est in fine pointée du doigt. Moins fort que Les Douze Salopards, qui provoquait l’extase dans sa débauche d’énergie finale, Bande de flics se rapproche plutôt du film de Richard Fleisher Les flics ne dorment jamais la nuit (1972). On ne sera pas surpris de constater que les deux sont tirés de romans du même écrivain, Joseph Wambaugh. Tout en décrivant de manière originale des personnages généralement positifs dans la fiction, Bande de flics est moins percutant et plus vulgaire dans sa démonstration que l’opus de 1972 de Richard Fleisher, et sa vulgarité, certes inhérente aux personnages, le rapproche dans le ton de films de campus américains, ce qui réduit considérablement son impact et sa portée par une apparente désinvolture.