Ancien héros allemand de la première guerre mondiale et, incidemment, dignitaire nazi aujourd'hui, le baron Von Sepper incarne pour Edward Dmytryk un Barbe-Bleue...impuissant. On le comprend au cours du film, en même temps que la dernière épouse en date du baron. Elle est condamnée par lui pour son indiscrétion qui lui a fait découvrir, comme dans le conte fameux de Charles Perrault, une chambre (froide) à part...
Dmytryk revient par flashback sur la relation entre Barbe-Bleue et ses épouses successives, des femmes qu'il aime jusqu'à un certain moment...
Inabouti, confus -jusqu'à des intérieurs qui évoquent tout autant l'avant-guerre que les seventies !- le film semble balancer entre différents genres sans décider lequel adopter. C'est un éclectisme grotesque qui fait de Barbe-Bleue un personnage inquiétant ou ridicule selon les moments, et détermine un récit oscillant entre l'épouvante macabre, la parodie et un érotisme pseudo sulfureux pour lequel on a réuni quelques beautés européennes se déshabillant sans trop d'audace !
Ce n'est pas tant la mise en scène brouillonne de Dmytryk et le mélange raté de styles approximatifs qui indisposent que la qualité des personnages et la prestation des comédien(ne)s : Richard Burton compose un Barbe-Bleue élémentaire, inhabité, tandis que ses partenaires féminines campent des épouses exclusivement sensuelles et illustratives (on a même droit à Raquel Welch en cornette...).