Il y a des films qui s’annoncent comme des feux d’artifice, promettant une explosion de couleurs, d’audace et de subversion. Barbie était de ceux-là. Un casting de rêve, une réalisatrice reconnue pour son regard acéré (Greta Gerwig), et surtout, un défi immense : réinventer l’icône rose bonbon en icône féministe. Ambitieux, mais... la poupée n’a pas tenu toutes ses promesses.
Un univers plastique à couper le souffle
Commençons par ce que le film réussit indéniablement : sa direction artistique. Barbie Land est un délire visuel assumé, une fresque kitsch et clinquante à souhait, débordante de décors pastels et de costumes dignes des plus folles vitrines de Noël. Chaque plan semble sorti d’un shooting Instagram ultra léché. Il y a un vrai travail de mise en scène, un plaisir palpable à jouer avec les codes de la comédie musicale, du théâtre et du cartoon. Greta Gerwig, comme à son habitude, injecte de la malice dans les moindres recoins du cadre.
Ryan Gosling vole la vedette… à Barbie elle-même
Sur le plan du jeu, c’est paradoxalement Ken (Ryan Gosling) qui brille. Gosling se glisse avec une autodérision savoureuse dans les bottes de plastique du bellâtre oublié. Il campe un Ken fragile, pathétique et touchant, qui devient l'élément comique le plus réussi du film. À ses côtés, Margot Robbie peine à imposer une Barbie attachante. Elle incarne plus un concept qu’un personnage. Trop parfaite, trop distante, trop... Barbie ?
Un message qui se perd dans les paillettes
Le problème principal, c’est que le film veut tout dire, à tout le monde, tout le temps. Il oscille entre satire, comédie, drame existentiel et manifeste féministe, sans jamais choisir clairement son ton. Le propos féministe est là, mais livré à la truelle : des monologues explicatifs, des punchlines forcées, une volonté de dénoncer le patriarcat qui finit par sonner comme une conférence TED sous acide rose. Il y a une différence entre être engagé et être didactique ; ici, le curseur penche trop souvent vers la leçon.
Une bande-son inégale
Côté musique, l’énergie est au rendez-vous, entre tubes calibrés pour TikTok et envolées pop. Mais à force de vouloir plaire à toutes les générations, la BO finit par ressembler à une playlist Spotify sans vraie cohérence. Un bon point tout de même pour "I’m Just Ken", qui reste en tête... et dans le cœur de ceux qui n’avaient rien demandé.
Conclusion
Barbie est un film trop conscient de lui-même, qui se regarde penser et se perd dans ses ambitions. Brillant visuellement, parfois drôle, mais trop lourd sur le fond pour être vraiment libérateur. Il y avait de quoi faire une satire mordante ou une fantaisie pop pleine de fraîcheur. Le résultat, lui, oscille entre deux mondes, sans jamais vraiment trouver le sien.
Ma note : 4/10