La première partie du film, c’est-à-dire jusqu’à l’entracte, s’avère assez plaisante malgré sa lenteur déjà sensible… L’élégance de la mise en scène, la magnifique photographie, les plans qui sont autant de morceaux choisis et les comédiens impeccables -même Ryan O’Neal, c’est dire- bref, les aventures du jeune Barry dans cette Europe en guerre, ses péripéties étonnantes et cette ambiance si historiquement détaillée laissent pantois et admiratif.
Oui, il s’agit bien là d’un film de Stanley Kubrick, soigné à l’extrême et parfois surréaliste dans sa peinture des batailles, des duels ou des parties de cartes tant ce XVIIIème siècle et ses manières nous semblent éloignées et en même temps incroyablement réalistes.
Puis la seconde partie commence, après l’entracte, nous dépeignant l’ascension continue puis la chute inexorable de Monsieur Barry Lyndon. Ce qui nous paraissait élégant devient d’une préciosité sans bornes, laquelle sur le long terme (eh oui trois heures bien tassées dans la tronche) nous fatigue infiniment. La raideur empruntée de tous ces personnages avec leurs balais de deux mètres (ne me demandez pas où…) finit également par nous agacer fortement.
Je n’accuserai pas Kubrick de faire claquer les cordes des violons à force de s’appesantir sur les malheurs qui accablent les Lyndon mais tout de même, on n’en est pas loin… La musique dont trois morceaux tournent en boucle pendant tout le film n’est pas étrangère à cet état de fait qui contribue un peu plus à vriller les nerfs.
En conclusion et en conséquence de quoi, nous n’accorderons à ce Barry Lyndon qu’une note médiocre étant donné qu’il ne nous a gratifié que d’un film pompeux, trop souvent rasoir et décevant dans l’ensemble.