Ce film est clairement une parodie délirante du film de Spielberg avec certaines scènes qui ont été copiées sur l’original ainsi que des personnages similaires : le flic qui veut sauver la population, le maire qui ne pense qu’à ses électeurs et à l’économie locale ainsi que la biologiste marine spécialiste des requins (reprenant le personnage joué par Richard Dreyfuss dans l’original). Ici c’est une vraie bimbo affolante qui l’interprète avec flingue à la ceinture, façon Lara Croft ! Ajoutons le vieux loup de mer autoritaire et alcoolique, persuadé que la manière forte suffira à exterminer la bestiole circulant dans le sable (Quint joué par Robert Shaw dans la version Spielberg). En voyant cette œuvre impérissable, je me suis demandé ce que Robert Desnos aurait pu écrire dessus comme poésie. Et voilà ce qui m’est venu : « Un requin des sables préhistorique/ qui boulotte des pilotes de moto-cross/ des bombes anatomiques en bikini/ Et même des fils électriques/ Ça n’existe pas, ça n’existe pas/ Et pourquoi pas ? » (Hommage à ce grand poète un peu oublié aujourd’hui)😉.
Ça résume assez bien ce film qui vise la comédie gore, à coup de personnages crétins à souhait et d’effets spéciaux qui ne remporteront jamais de prix où que ce soit, même pas au festival d’Ascaso en Espagne. Ça finit même par prendre un côté assez surréaliste quand, par exemple, Jimmy Green (escroc fauché et neuneu qui veut renflouer ses finances en organisant un grand festival sur la plage en dépit des dangers) récupère la flic agonisante dont il ne reste que la moitié supérieure du corps, l’autre ayant été promptement avalée par le requin des sables. Jimmy se lamente : « Ne meurs pas, ne meurs pas ! Je vais essayer de remettre ça ». Et le voilà qui essaie de récupérer les viscères de la jeune femme pour les remettre en place !!! 😂 Le même Jimmy est persuadé qu’on pourra se débarrasser du requin avec du napalm. Ce qui nous vaut cette réplique définitive et qui en dit long sur le peu de neurones qui peuplent son cerveau : « J’adore l’odeur du napalm en fin de journée ! ». Le but est au-moins ici de ne pas se prendre au sérieux, l’interprétation est bien entendu médiocre au possible. À voir les têtes, bras et jambes voler, les geysers de sang gicler de partout, c’est au final assez drôle et je me suis pris au jeu de ce navet comico-horrifique.