De retour en Géorgie, Helen, 25 ans, cherche un travail en lien avec la production cinématographique. Elle est engagée comme assistante par un réalisateur. George Ovashvili, auteur notamment de L'autre rive et du splendide La terre éphémère, revient avec un film qui ne ressemble à aucun de ses précédents, plus proche dans la forme d'un Hong Sang-soo, dans une intrigue flottante très riche en ellipses et en mises en abyme. Ce sont plusieurs conversations qui font avancer le récit, qui s'éloigne peu à peu du réalisme pour s'approcher du fantastique. Le film fascine par son élégance et sa fluidité, dans une ambiance douce, et semble aussi bien s'interroger sur le sens de la vie que sur la nécessité de faire du cinéma, dans le difficile contexte géorgien. Le héros du film, qui exerce le même métier que George Ovashvili, et que le succès a fui, de même que l'inspiration, lui ressemble ouvertement, exprimant ses doutes sur l'utilité de continuer et envisageant le suicide. Si l'on accepte de prendre la route avec ce metteur en scène et la belle Hélène qui l'accompagne, c'est l'occasion d'un voyage vers l'inconnu, un peu déconcertant, mais lesté de sensations et d'interrogations multiples. Et comme après un lent et aventureux périple, l'on revient apaisé et heureux d'être sorti de son confort.