Avec Belle, Mamoru Hosoda nous offre une nouvelle œuvre pleine de grâce et de sensibilité.
Dans un premier temps, tandis que le décor se met en place et la narration débute à peine, le spectateur ne pourra éviter de songer à Summer Wars, du même réalisateur, tant l'espace dans lequel se déroule cette histoire semble similaire. Il s'agit d'un espace virtuel mondial tel que nous le promet le patron d'une grosse firme américaine. D'ailleurs cet univers m'a également rappelé Ready player one et je me demande si Mamoru Hosoda n'y fait pas référence. En effet, l'univers U dans lequel va évoluer l'héroïne a été administré par 5 sages, exactement le même nombre de personnages que lors de l'épilogue du film de Spielberg. Hasard ou hommage ?
Rapidement néanmoins, le cœur du récit est centré sur le mal-être d'une adolescente orpheline de sa mère qui peine à dépasser sa douleur. Ne parvenant ni à assumer son aspect physique, ni à affirmer sa personnalité, elle croit pouvoir s'émanciper par le truchement de cet espace virtuel. De découvertes émotionnelles en relations humaines, c'est une jolie toile qui se dessine peu à peu sous les yeux du spectateur embarqué dans la psyché de cette jeune femme. Les chansons épisodiques apportent une touche d'émotion qui donne de l'ampleur au propos, à plus forte raison puisque le conte est sombre et aborde des problématiques intemporelles difficiles (les enfants battus par exemple). On retrouve ainsi une partie de l'histoire bien connue de la belle et la bête mais cette évocation est tellement bien intégrée dans tout le reste de la narration que celle-ci s'envole à un autre niveau. Certains personnages censés représenter l'ordre montrent à quel point la domination et tyrannie ne sont pas loin d'intentions supposément louables au départ, aspect pas toujours mis en exergue. Les dangers de la révélation d'identité sont aussi abordés mais c'est un thème plus récurrent.
L'empathie et le désir de se révéler sont portés de façon subtile et émouvante par un dessin et une animation toujours aussi soignés, que ce soit dans l'illustration de la vie réelle et bien dans le monde virtuel. C'est donc un très bel animé que nous livre une fois encore ce talentueux réalisateur.