Certains connaisseurs affirment, sans hésiter, que Louis Valray est le meilleur cinéaste français des années 30, même s'il n'a tourné que 3 longs-métrages. L'assertion est quelque peu audacieuse mais il faut reconnaître que La belle de nuit, son film le plus connu, est excellent. Non par son thème, la vengeance d'un cocu, dont l'origine est théâtrale, mais bien davantage par la mise en scène exquise de Valray, son utilisation des flashbacks, la qualité de ses scènes en extérieur ou encore sa direction d'acteurs. Véra Korène, dont la guerre arrêta la carrière cinématographique, n'a certes pas un talent immense mais Aimé Clariond et Jacques Dumesnil sont parfaits. Mais c'est la liberté de ton, très moderne, et des dialogues, qui séduit le plus dans ce mélodrame cruel. A donner envie de voir Escale et L'homme à la barbiche, les autres réalisations de ce cinéaste, reconverti dans la deuxième partie de sa vie dans l'industrie chimique (!).