Une mère de famille qui s'ennuie en mariage découvre que son époux la trompe et décide de lui voler son escapade amoureuse prévue avec l'amante, pour s'amuser comme il se doit. Mais lorsque la situation dérape et qu'elle découvre le corps inanimé de son coup d'une nuit, elle doit faire profil bas et profiter (malgré elle) de la crédulité de la maman du défunt qui la prend pour sa belle-fille cachée. S'ensuit alors une histoire aussi drôle que touchante, balancée entre les quiproquos et les mensonges qui s'accumulent jusqu'à en devenir énormes (les gars du village pensent la femme atteinte de démence, ce qui donne lieu à des scènes comiques), mais aussi mue par une sensibilité plus proche du personnage de Miou-Miou, touchante mère désespérée qui s'accroche au mensonge pour combler le grand vide qu'a toujours laissé son fils et qui encaisse les pires coups de la vie (
son mari qui disparaît tôt en lui laissant les deux enfants à élever, son premier fils qu'elle savait mourant, et se faisant reprocher son favoritisme par son autre fils ignorant tout de la maladie
). L'affiche est loin de rendre justice à cette sympathique comédie française, qui manie aisément les émotions sincères (Miou-Miou crève l'écran, et son binôme Alexandra Lamy est tout aussi convaincante) qu'elles soient un petit rire face à un quiproquo amusant ou les yeux qui s'embuent face à une belle séquence tendresse (la scène du lavoir...). Sans avoir la prétention d'être le film comique de l'année, Belle-Fille fait passer un (étonnant) agréable moment, sous le beau soleil de Corse et sous le charme de la belle partition musicale à la guitare qui accompagne les paysages méditerranéens. Les deux actrices impeccables et les scènes d'émotion permettent à Belle-Fille de nous mener dans un vaudeville sympathique jusqu'au bout.