Treize ans après la sortie du très réussi "Bon voyage", Jean-Paul Rappeneau sort de sa semi-retraite pour une comédie de mœurs très attendue, eu égard à son casting prestigieux et à la rareté du réalisateur français.
Le résultat se révèle hélas médiocre : pas honteux ni infâmant mais un peu banal, un peu daté, le genre de divertissement vite vu, vite oublié...
Ni très drôle, ni très piquant, ni très émouvant, on se demande vraiment où Rappeneau veut en venir avec "Belles familles" (même le titre apparaît passe-partout). D'autant que le vétéran du cinéma hexagonal bénéficie de moyens confortables, qui lui permettent de réunir une distribution de choix, entre vieilles gloires (André Dussollier, Nicole Garcia), valeurs sûres (Amalric, De Tonquédec, Karin Viard) et visages du moment (Marine Vacth, Gilles Lellouche, Gemma Chan).
Aucun ne démérite franchement, mais personne ne se met vraiment en valeur (Dussollier et Lellouche sortent un peu du lot). Surtout, l'alchimie ne saute pas aux yeux entre le personnage de Mathieu Amalric (un peu gauche et coincé) et celui de Marine Vacth (immature et impulsive), le couple central du récit ; du coup le happy end semble irrationnel et ne fonctionne pas vraiment.
Reste le relatif dynamisme de la mise en scène, enlevée par moments.
Au final, "Belles familles" s'apparente surtout à une comédie sentimentale, pas foncièrement déplaisante mais sans éclat, et forcément décevante de la part de Jean-Paul Rappeneau, dont c'est seulement le huitième long-métrage en cinquante ans de carrière.