Autant être prévenu d'avance, "Bellflower" n'est en aucun cas un thriller post-apocalyptique. Contrairement à ce que laisse supposer son imagerie directement inspirée de "Mad Max", ce premier film réalisé, écrit, monté et interprété par Evan Glodell est un drame intimiste, où le chaos ne provient pas d'une hypothétique fin du monde mais des répercussions d'une trahison amoureuse sur les personnages.
Mis en boîte avec trois bouts de ficelle, "Bellflower" témoigne d'un véritable style, d'un univers fascinant rappelant le cinéma australien des années 70, où les tourments des protagonistes ont une influence directe sur l'image, de plus en plus cramée, prête à s'embraser. Une ambiance hypnotique, presque évanescente, qui demandera cependant un certain abandon de la part des spectateurs, au risque de rester au bord de la route.
Dans un premier temps, Evan Glodell prend son temps, laisse évoluer ses personnages, mettant en scène une romance attachante qui sent le vécu tant elle semble honnête et réaliste. Puis tout bascule, la romance touchante des débuts laissant la place à une apocalypse intime, intérieure, une simple déception amoureuse ayant des conséquences dramatiques.
Premier essai prometteur, "Bellflower" est au final une sorte de romance apocalyptique extrêmement pertinente doublée d'une belle histoire d'amitié au style percutant qui ne plaira cependant pas à tout le monde mais qui mérite assurément le détour.