Ce Berlin Alexanderplatz est une fresque de près de trois heures qui est une adaptation, plutôt une transposition d'un classique de la littérature allemande. En effet l'action est transposée dans le Berlin contemporain, dans des milieux underground ceux des dealers, des trafiquants en tout genres, des exploiteurs de la misère humaine et des illégaux, des prostituées et night-clubs. On y suit un guinéen sans papiers, ballotté par la vie, exploité par des salopards et trahit par des personnes qu'il croit naïvement être des amis; le film est d'une grande noirceur, d'un tragique palpable et d'une fatalité éternelle qui rappelle même l'action d'origine du roman qui se passait dans les années 1920-1930. Qurbani inculque de l'onirisme cauchemardesque dans énormément de séquences voir scènes dans sa façon de filmer, se plaît à illuminer dans de nombreuses scènes via des lumières artificielles néonisées un peu dans le style de Winding Refn; d'ailleurs dans l'ensemble le réalisateur est assez inspiré. Bref film marquant même si la dernière demi-heure m'a un peu refroidit, un peu déçu par cette conclusion.