Résumé
Sujet(s) intéressant(s) et atmosphère attachante, mais limité par des sous intrigues simplistes et une trame principale qui patine un peu.
Détails (et spoilers)
Près de 30 ans après sa sortie, Bienvenue à Gattaca ne parait pas si daté que cela. Scénaristiquement d'abord, car l'eugénisme reste d'actualité, d'autant que les "avancées" scientifiques du film n'ont pas rattrapées la réalité de 2026. Esthétiquement, l'écart temporel est plus visible, les couleurs et l'architecture tirent un peu trop sur la corde d'une atmosphère à la fois austère et criarde, mais masquent plutôt efficacement ce qui ressemble aussi à des contraintes budgétaires.
Par ailleurs, la critique du fatalisme validiste et de l'eugénisme de cette société futuriste souligne l'usage pertinent de la SF pour ce métrage. Trop souvent cantonné à des démonstrations esthétiques, le genre est ici mobilisé pour souligner les affres dystopiques d'un avenir tristement crédible.
Cela étant, le message politique est souvent freiné par une intrigue qui se perd trop souvent dans des intrigues de second rang assez mal écrites et par un scénario principal qui n'avance pas grandement après la première demi heure de visionnage. La complicité de certains dans l'entreprise frauduleuse de Vincent a pourtant quelque chose d'intéressant, mais celle de Jerome, et dans une moindre mesure du médecin analyste, s'avèrent mieux écrites que celles qui ressemblent plus à des passages obligés de films médiocres, à savoir l'amourette brouillonne et le paresseux retour de la rivalité fraternelle.
Enfin, la référence biblique en ouverture me laisse sceptique quant à la philosophie guidant Andrew Niccol dans son entreprise, mais Bienvenue à Gattaca laisse suffisamment ouvert son propos pour que les réflexions qui en émanent ne soient pas à enfermer dans une vision strictement religieuse.
6.75/10.