J'aimerais être plus sévère, plus juste et légèrement réguler mon enthousiasme débordant, mais là franchement, je n'peux pas.
Big Brother rassemble tout ce qu'il y a de meilleur dans le cinéma de Jackie Chan tout en trouvant, par je n'sais quel détour abracadabrantesque, le moyen incroyable de se renouveler encore. Ce "Kung-fu Comedy" tient d'ailleurs moins du "Kung-fu" que de la "Comedy" et laisse la part ample au burlesque à la chaîne, à l'empilement du cocasse, au comique de situation et aux quiproquos débiles. Et ça fonctionne.
Le film ignore allègrement la moindre notion de temps mort et arrive, malgré une certaine avarice en mandales dans la tronche, à bâtir une histoire prenante, attachante et franchement drôle. L'un de ces films qui utilisent un peu des talents de Jackie Chan au delà des pirouettes volcaniques, et c'est assez rare pour être vraiment apprécié. Les personnages redoutablement charmants marchent à un tel point qu'on retrouve peut être un peu de ce qui faisait tout le charme explosif du Marin des Mers de Chine. Un peu.
Alors bien entendu, tout cela ne ferait pas l'apanage du cinéma de Chan si on ne retrouvait pas quelques baffes bien senties et une poignée de cabrioles rigolotes, dignes d'un fou à lier de la plus aberrante des espèces... Et là dessus, point de crainte, notre malade mental adoré ne se prive pas de mettre à l'épreuve la vivacité de ses réflexes et la résistance de son anatomie dans toute une série de scènes, certes brèves et souvent avortées, mais Ô combien dignes des plus grands moments du monsieur, allant vers un final en vigueur, avec sa bonne grosse dizaine de minutes de folie furieuse, de figurants qui s'envolent, de pieds qui décollent, de "PAF !", d'exploitation improbable de la moindre capacité du décor à pouvoir créer une image chorégraphique délirante, sympathique et clownesque violence concluant un ensemble délicieusement attachant.
Ça reste quand même dingue d'arriver à rendre autant de situations mielleuses, dégoulinantes de bons sentiments, aussi plaisantes... Y a que lui pour arriver à faire ça aussi simplement.
Et sinon, pour un gars qui a du regarder Drunken Master 2 à peu près 200 fois, voir ici Anita Mui et son caractère en acier trempé en couple avec Jackie Chan, elle qui jouera sa mère cinq ans plus tard, c'est un peu... étrange. Bon pendant deux minutes, après ça passe parfaitement, certes.