Sept ans après Madame Doubtfire (comédie familiale centrée sur le travestissement 'culte' de Robin Williams) une version afro-américaine pleurnicheuse et scatologique est pondue : c'est Big Mamma, un classique du cinéma gras pour toute la famille. La sensibilité de la vieille nourrice anglaise est éjectée, les bonnes manières évaporées, le côté 'yolo' décuplé. Malgré ce terrain dégagé les hautes performances sont rares (la fausse Mamma à l'église, la vraie embarrassée par la tarte aux pruneaux), à la traîne derrière les grosses scènes de pseudo-nanar excentrique (à la Foldingue – franchise reposant sur le génie d'Eddie Murphy, modèle derrière lequel court Martin Lawrence) pour fin de bitures (comme l'accouchement). Beaucoup de passages sont à l'intersection, un pied dans la bouffonnerie, un autre dans le suspense, avec le petit 'surmoi' sentimental pour faire avancer les choses : le gosse (petit-fils de true big mamma) fait tomber des réactions censées ramener la 'vérité' émotionnelle engloutie dans un brouillard d'impulsions sociales, physiques, gastriques et verbales.

Sur le plan comique la vraie Big Mamma est peu exploitée malheureusement. Le film aurait été très différent s'il s'était focalisé sur cette femme dure et cynique. À la place il met en vedette une Big Mamma presque solaire, sorte de grand-mère badass ou de tatie gâteau. Martin Lawrence (Bad Boys, Le Chevalier black) assure quasiment à lui seul le spectacle, en roue libre pour imiter la vieille ou pour attraper l'opportunité romantique avec sa fille Sherry – cible initiale des agents du FBI. Le postulat policier est simpliste et son rôle secondaire. Il laisse sur son sillage des scènes de thriller totalement hors-sujet, mais curieusement convaincantes, avec leurs atours très menaçants. Finalement ce Big Mamma s'avère un peu ennuyant, plus crétin que massif dans ses joyeusetés. Trop de gags crétins type Soupe aux choux mélangé à la sexualité présentable devant les enfants ! Tarte à la crème typique, l'humour est aussi en mode tu-veux-mon-zizi : sur ce point, les séquences insistantes avec le rabougri joyeux envoûté par Big Mamma sont le sommet. Mais c'est un produit gentil et généreux dans la mesure des ressources de ses créateurs, avec quelques pics de lourdeur et d'euphorie pour compenser une paradoxale tiédeur (impuissance ?) sur le fond.

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le 19 mars 2023

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