Un chef d'entreprise qui travaille entre Los Angeles et San Francisco mène une double vie, incapable de quitter l'une ou l'autre de ses deux femmes. En tant que réalisatrice, Ida Lupino n'a jamais choisi la facilité et a privilégié des thèmes sociaux, souvent infusés dans les grands genres hollywoodiens, le film noir et/ou le mélodrame. Le scénario de Bigamie est relativement simple mais intelligemment construit avec un flashback qui occupe une bonne moitié du film, le procès final n'intervenant que comme une obligation morale vis-à-vis de la censure et de l'opinion publique. Le film ne s'écarte d'ailleurs pas de l'image traditionnelle de la femme américaine des années 50 mais Ida Lupino surfe sur les conventions avec aplomb et subtilité, mettant le doigt sur la solitude dans les couples (un côté "sirkien" assumé) et dressant un portrait nuancé et compréhensif du bigame. On est loin d'une oeuvre féministe mais sensible et compatissante, cela, oui. L'interprétation est remarquable avec Joan Fontaine et Ida Lupino mais surtout Edmond O'Brien, le colosse au cœur d'argile.

Cinephile-doux
7
Écrit par

Créée

le 6 août 2020

Critique lue 370 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 370 fois

3

D'autres avis sur Bigamie

Bigamie

Bigamie

6

oso

894 critiques

Un brave type sur le banc des accusés

Bigamie est un film très subtil dans ce qu'il énonce, à savoir le cas d'une double vie un peu forcée par le destin, celle d'un homme qui se retrouve à aimer profondément deux femmes et qui, trop...

le 7 juin 2015

Bigamie

Bigamie

7

Cinephile-doux

8120 critiques

Le colosse au cœur d'argile

Un chef d'entreprise qui travaille entre Los Angeles et San Francisco mène une double vie, incapable de quitter l'une ou l'autre de ses deux femmes. En tant que réalisatrice, Ida Lupino n'a jamais...

le 6 août 2020

Bigamie

Bigamie

8

Juliette-Cinoche

333 critiques

Bigamie

Analyse subtile et intelligente d'une situation transgressive pour la loi des hommes... mais complètement compréhensible quand on explicite le contexte. Un regard féministe bienveillant comme on les...

le 10 janv. 2023

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8120 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8120 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8120 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021