Ils sont peu nombreux ces films qui traitent, même accessoirement/incidemment, d'un sujet que l'on connait pourtant tous pour l'avoir peut-être subi (et nourrir encore des regrets des années après).... ou ...pour peut-être avoir voulu nous-même plus tard imposer des certitudes mal-inspirées à ce propos.
Ce sujet : le choix d'une activité extra-scolaire, d'une passion proposée/imposée à un pré-adolescent.
Combiens sommes-nous à avoir rêvé que notre père nous offre une guitare (et des cours avec un prof.), des rollers ou un skate-board etc.... pour parfois se voir assener un "c'est trop cher", "ça fait trop de bruit", "tu vas de faire mal" et autres "passe ton bac d'abord"...
Billy Elliot traite ce thème brillamment, avec beaucoup de justesse et d'à propos. La grande force du film c'est qu'il parle directement ou indirectement à tous.
Nous sommes tous Billy Elliot :
- On a tous eu des envies, des passions qui nous ont été vendus par nos parents ; on a tous été préprogrammés par des gens (professeurs, instructeurs etc..) qui ont pensés pour nous, à notre place (souvent avec le logiciel de leur génération) sur ce que nous devrions faire de notre temps libre (dans le cas de Billy Elliot de la boxe) ;
- On a aussi (presque) tous eu envie de faire autre chose ;
Le film traite ainsi d'un thème probablement trop rarement abordé et il le fait avec brio. La narration est excellente et le jeu d'acteur parfait. Jamie Bell est remarquable dans le rôle titre, mais il faut aussi souligner la prestation de Gary Lewis absolument parfait dans le rôle du père de Billy Elliot.
Le film, bien que quelque peu caricatural (ex : l'opposition Boxe/danse classique), offre des moments d'émotions d'une rare intensité et là que dire...
...Tout est parfaitement amené : le cadrage, le rythme, la musique (discrète comme il faut). La distance entre l'écran et nous s'estompe on rentre totalement dans le film, on devient Billy.
Le seul défaut du film (à mon humble avis) est de trop accentuer les clichés à travers deux aspects :
- Associer un peu exagérément l'appétence pour la danse à de supposées tendances homosexuelles (à titre de contre-exemple jamais dans Dirty dancing l'orientation de Patrick Swayze n'est questionnée) ;
- Trop dissocier les prédispositions requises pour les sports de combats/arts martiaux et celles pour bien danser (tous le monde se rappelle, pour rester dans le domaine du cinéma, de la danse de Jean-Claude Vandamme dans Kickboxer ou des "pas de danse" présents dans tous les films de bruce lee lequel était à l'évidence un bon danseur).
En synthèse : Une magnifique ode à la tolérance et à l'ouverture d'esprit qui a pour seuls torts de ne pas être inspirée d'une histoire vraie et un côté légèrement caricatural.