Bipolar
-
Bipolar

Film de Queena Li (2021)

C'est l'histoire d'une fille qui traverse le Tibet avec à bord de sa voiture un homard vivant, subtilisé dans un restaurant. Comme Bipolar n'est pas linéaire, des flashbacks vont évoquer sa vie d'avant (à la fille, mais aussi au crustacé) et le deuil qu'elle essaie de surmonter. Quoique ce n'est pas aussi simple que cela et le titre du film a aussi une explication dans le passé de la jeune femme, avec son comportement passablement erratique. Le premier long-métrage de Queena Li, dans un noir et blanc très chic, est un road-movie ultra stylisé qui multiplie les rencontres étranges et les événements baroques. Tout ceci est bien joli, amusant parfois aussi, mais à vrai dire pas très consistant, hors l'exercice de style visiblement destiné à épater la galerie. Rien à voir avec les polars existentiels que l'on a pu voir ces dernières années en provenance de Chine. Selon le résumé du film, il s'agirait d'une transcription moderne du mythe d'Orphée, ce que l'on aurait pas imaginé un seul instant en le voyant. Bipolar est un objet de festival, suffisamment opaque et raffiné pour séduire quelques esthètes. Son manque de contenu et ses prétentions auteuristes le disqualifient pourtant, nonobstant une prestation attrayante de son actrice principale. Incidemment, c'est aussi une belle promotion pour le tourisme au Tibet.

Cinephile-doux
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste IFFR Rotterdam 2021

Créée

le 2 févr. 2021

Critique lue 205 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 205 fois

2

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

8259 critiques

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

le 28 mai 2023

France

France

8

Cinephile-doux

8259 critiques

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

le 25 août 2021

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

8259 critiques

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...

le 25 sept. 2021