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Procès d'intentions
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C'est l'histoire d'une fille qui traverse le Tibet avec à bord de sa voiture un homard vivant, subtilisé dans un restaurant. Comme Bipolar n'est pas linéaire, des flashbacks vont évoquer sa vie d'avant (à la fille, mais aussi au crustacé) et le deuil qu'elle essaie de surmonter. Quoique ce n'est pas aussi simple que cela et le titre du film a aussi une explication dans le passé de la jeune femme, avec son comportement passablement erratique. Le premier long-métrage de Queena Li, dans un noir et blanc très chic, est un road-movie ultra stylisé qui multiplie les rencontres étranges et les événements baroques. Tout ceci est bien joli, amusant parfois aussi, mais à vrai dire pas très consistant, hors l'exercice de style visiblement destiné à épater la galerie. Rien à voir avec les polars existentiels que l'on a pu voir ces dernières années en provenance de Chine. Selon le résumé du film, il s'agirait d'une transcription moderne du mythe d'Orphée, ce que l'on aurait pas imaginé un seul instant en le voyant. Bipolar est un objet de festival, suffisamment opaque et raffiné pour séduire quelques esthètes. Son manque de contenu et ses prétentions auteuristes le disqualifient pourtant, nonobstant une prestation attrayante de son actrice principale. Incidemment, c'est aussi une belle promotion pour le tourisme au Tibet.
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Créée
le 2 févr. 2021
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