Une préadolescente métis (Nykiya Adams) vit avec son père très jeune, parfaitement immature et recouvert de tatouages (Barry Keoghan) dans ce qui ressemble bien à un squat avec son demi-grand-frère (Jason Buda) et sa demi-petite sœur, apparemment de 3 femmes différentes, dans une ville d'Angleterre au bord de la mer. Son père lui annonce qu'il va se marier avec sa petite amie, et Bailey n'en est pas très heureuse. Après avoir passé la nuit dans un champ, Bailey rencontre Bird, un jeune homme étrange avec une tête bizarre qui se balade en jupe et qui parle avec un défaut d'élocution(Franz Rogowski). Elle apprend qu'il a perdu ses parents et essaie de les retrouver. La pré-adolescente va tenter de l'aider à les retrouver.
Bird est le 5è long métrage de la réalisatrice britannique Andrea Arnold à qui l'on doit notamment Fish tank et quelques épisodes de la série Big Little Lies. La première qualité du film est peut-être sa fraicheur : une manière de filmer très libre, très dynamique, avec souvent une caméra au poing. L'autre chose concerne son sujet : elle montre une certaine Angleterre, pauvre, marginale, et très actuelle. Elle se focalise aussi sur des personnes très jeunes. La musique qui va avec est donc très actuelle. Si on entend dans le film, des "musiques de daron" comme ils disent, en off, ce sont des musiques très actuelles (de grosses instrus rap à des musiques planantes, et d'ailleurs plutôt de qualité). Tout cela contribue à donner un aspect au film très dynamique et très vivant. Le sujet est clairement le passage d'une préadolescente au statut (biologique) de femme avec l'apparition de ses règles. Bird est clairement le personnage imaginaire qui va l'aider dans ce passage important de sa vie, qui va l'aider à voler, qui va l'aider dans ses problèmes (dont le fait de se débarrasser du petit ami affreux (James Nelson-Joyce vu récemment dans A Thousand Blows) de sa mère(Jasmine Jobson)), avant de repartir, une fois qu'elle sera devenue une femme. Lorsque Bird se transforme en oiseau, ça m'a clairement fait penser au Règne animal, le film avec Romain Duris. C'est donc bien un film sur le passage à l'âge adulte (coming-of-age) qui nous montre d'ailleurs une famille où le père n'a pas une grande différence d'âge avec ses enfants; il a d'ailleurs la même coupe moyenâgeuse que son fils qui va, à son tour, être peur au même âge où son père l'a eu. L'originalité est de nous plonger ici dans les fantaisies de l'adolescence avec la brouille des frontières avec la réalité.
C'est une Angleterre abandonnée, chaotique, dégénérée, mais tout de même sympathique qui est montrée ici. Un film vraiment original et une belle surprise.
Vraie note : 7,5/10