Une envolée impressionnante comme vous n'en avez jamais vue
C'est la baseline de l'affiche. Cet homme-oiseau qui fixe la fenêtre de sa prison, dos au monde, regard tendu vers quelque chose vers un rêve, vers l'espoir d'un autre chose que propose la fenêtre de sa prison, de savie.
En voyant ce ce film en 2026., il faut s'imaginer le voir dans les années 80, une histoire qui raconte les années 60, dans les villes ouvrières américaines, là où la couleur a depuis longtemps déserté les murs. Au sol tout au gris et bétonné quand le ciel est bleu.
Et il y a une scène parmi d'autres.
Vue en coupe latérale sur une montagne de poubelles. Deux ados, un vélo cabossé. Nicolas Cage, 16 ans, la vie devant lui, s'élance sur sa piste de fortune, Matthew Modine est assis en équilibre sur le guidon devant lui, de grandes ailes attachées dans le dos. Ils prennent de la vitesse sur la rampe de lancement. D'un coup, Cage stoppe le vélo. Et Modine s'envole.
Trop brièvement, au-dessus des déchets.
Il tend vers le ciel, vers le haut, vers cette autre chose. Sur La Bamba, chanson populaire et virevoltante, il y a soudain de la grâce dans ce gris. Un moment d'espoir arraché à un quotidien crasseux et monochrome. Mais "ses ailes de géants l'empêche de voler", comme l'Albatros d'une génération perdue, la guerre le plaque au sol, le Vietnam fait sa loin , la réalité reprend ses droits.
En lisant des critiques récentes, je me dis que c'est peut-être un film à avoir vu à l'époque Reagan-Thatcher, quand on croyait encore pouvoir tirer son épingle du jeu vers le haut. Aujourd'hui, l'envol de Birdy résonne différemment. La sortie ne vient plus d'en haut.