Si Black Death commençait par poser une ambiance sympathique d’Angleterre médiévale ravagée par la peste, le film s’enfonce rapidement dans les clichés du genre. Les scènes s’enchaînent de manière extrêmement prévisibles, et n'arrivent jamais à surprendre (on devine chaque twist bien avant sa résolution). Les questions type « est-ce de la sorcellerie ou bien une manipulation ? », « l’enfer ne résulte-t-il pas de notre propre création ?», « le religion ne détruit-elle pas plus qu’elle n’apaise ?» sont vues et revues, et n’ont le doit à aucun traitement particulièrement audacieux ou profond.
Ne cherchez pas non plus le salut dans la réalisation : ralentis aléatoires, caméra à l’épaule façon gerbotron 3000 (lors de la scène de bataille forestière en particulier), et montage hasardeux ne mettent pas en valeur le travail fait sur l’atmosphère poisseuse et le jeu d’acteur (principale qualité du film). Ainsi Black Death, pénalisé par sa mise en scène et son scenario clichtoneux au possible, parvient difficilement à faire émerger une quelconque tension, d’autant plus que le film avance trop vite pour laisser au spectateur le temps de s’immerger dans ses abbayes meurtries ou ses villages marécageux. Malgré la qualité des comédiens mentionnée précédemment, on s’attache peu aux personnages, et on reste plutôt indifférent au sort brutal qui leur est réservé.
Je ne déconseille cependant pas complètement Black Death – pour une soirée avec un medieval garanti sans heroic-fantasy. Le film peut valoir le coup d’œil pour son casting sympathique, ses décors naturels, ses efforts sur l’ambiance (pas toujours réussis malheureusement), et une courte durée / un bon rythme minimisant les risques d’endormissement en dépit du caractère prévisible de l’œuvre.