Black Dog
7.3
Black Dog

Film de Guǎn Hǔ (2024)

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Un très beau film, à ne pas rater

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On pourrait croire que Black Dog raconte une rédemption. Un homme revient, un chien apparaît, le désert encadre tout ça comme une promesse de dépouillement. Le film sait très bien que cette combinaison fonctionne. Il l’utilise. Peut-être un peu trop. La ville n’est pas vraiment une ville, plutôt une carcasse. Des murs fatigués, des rues qui semblent attendre qu’on les raye de la carte. Le Gobi n’est pas un décor : c’est une excuse morale. Tout y devient sérieux par simple voisinage. Guǎn Hǔ filme ces espaces avec une application presque scolaire, comme s’il fallait prouver que la solitude existe encore, qu’elle est mesurable, cadrable. Ça marche. Et c’est déjà le problème. Lang ne parle pas beaucoup. Le film non plus. Il préfère les silences appuyés, les regards qui durent un peu plus que nécessaire. On reconnaît le dispositif : le mutisme comme profondeur, l’animal comme miroir, la patrouille anti-chiens comme métaphore sociale bien alignée. L’État passe, trie, capture, élimine. Le film regarde, constate, s’attriste. Il n’appuie jamais assez pour devenir dangereux. Le chien est évidemment plus qu’un chien. Il est ce qui reste quand tout le reste a été vidé. Mais Black Dog le traite avec un respect presque muséal. Rien ne déborde. Rien ne mord vraiment. Même la violence — pourtant là, tapie — est tenue à distance, esthétisée, rendue supportable. On sort du film intact. C’est suspect. Il y a pourtant des moments qui résistent. Des plans qui durent trop longtemps. Des visages secondaires plus lourds que le récit principal. L’apparition de Jiǎ Zhāng-Kē n’est pas anodine : elle agit comme un rappel silencieux de ce que le cinéma chinois a pu être quand il acceptait de ne pas plaire. Ici, ce souvenir passe vite. Black Dog préfère la justesse à la friction. Il choisit l’émotion lisible plutôt que l’inconfort. On comprend pourquoi on aime le film. On comprend aussi pourquoi on ne l’aimera pas longtemps. Il avance droit, avec sérieux, avec de bonnes intentions, et s’arrête juste avant l’endroit où ça aurait pu faire mal. Un film propre sur un monde sale. C’est peut-être là que ça coince. 14/20.


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Le-General
8
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Créée

le 6 mars 2025

Modifiée

le 21 déc. 2025

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Le-Général

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6

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