Initiée par Bitto Albertini, la série des «Black Emanuelle» (avec un seul «M») se poursuit ici devant la caméra de Joe D’Amato, l’un des papes du cinéma d’exploitation italien des années 70, 80. Une série érotico-opportuniste, produite pour profiter du succès international du film de Just Jaeckin avec l’inoubliable Sylvia Kristel.

A la différence de sa «cousine» néerlandaise, l’actrice indonésienne Laura Gemser incarne elle, une journaliste indépendante et libidineuse, à la recherche de nouvelles expériences érotiques à travers le monde. Elle débarque ici dans un premier temps à Bangkok avec l’un de ses nombreux amants (interprété par Gabriele Tinti, mari de Laura Gemser à la ville) dans l’espoir d’interviewer un prétendu roi, avant de poursuivre son world tour à Casablanca. L’occasion de faire de nouvelles et nombreuses rencontres dans un cadre exotique. Autant le dire tout de suite, notre belle reporter ne fera jamais son interview et passera plutôt son temps à profiter des plaisirs charnels et des beaux paysages de la Thaïlande et du Maroc

Obligé de faire avec un scénario aux abonnés absents (le film ne raconte absolument rien), D’Amato alterne laborieusement scènes érotiques et plans touristiques sans aucune inspiration. On s’ennuie très vite à suivre les pérégrinations de cette pseudo journaliste qui passe son temps à se dénuder pour un oui ou pour un non.

Pire ! Monté n’importe comment, l’ensemble n’a aucune cohérence. Des personnages apparaissent puis disparaissent sans justification, on a l’impression d’assister finalement à une banale compilation de saynètes pauvres et mal filmées.

Seuls les superbes décors naturels retiennent finalement l’attention, magnifiés par la très belle photographie de D’Amato himself (rappelons qu’il était un excellent chef opérateur).

Sorti en France à la fin de l’année 1976 sous le titre «La Possédée du Vice», le film est alors «enrichi» de nombreux inserts «hard» issus d’autres productions, voulus par le distributeur. Il ne sera présenté dans sa version originale (soft), retitrée au passage «Black Emanuelle en Orient» qu’en 1982 lors de sa ressortie.

Massimiliano_N
3
Écrit par

Créée

le 16 avr. 2025

Critique lue 11 fois

Massimiliano_N

Écrit par

Critique lue 11 fois

D'autres avis sur Black Emanuelle en Orient

Black Emanuelle en Orient

Black Emanuelle en Orient

3

Massimiliano_N

436 critiques

Un aller simple pour nulle part

Initiée par Bitto Albertini, la série des «Black Emanuelle» (avec un seul «M») se poursuit ici devant la caméra de Joe D’Amato, l’un des papes du cinéma d’exploitation italien des années 70, 80. Une...

le 16 avr. 2025

Black Emanuelle en Orient

Black Emanuelle en Orient

5

Argento

3572 critiques

Critique de Black Emanuelle en Orient par Argento

Découvert sur RTL9 dans un montage expurgé de ses détails les plus coquinous, un 2e opus structuré comme un roman-photo ; l'équipe a manifestement fait du tourisme et en a profité pour shooter...

le 9 nov. 2023

Du même critique

Le Meilleur

Le Meilleur

7

Massimiliano_N

436 critiques

Comme un air de Déjà-Vu

Après l’excellent « Dîner », Barry Levinson nous propose ici une fable sur le rêve américain et la rédemption, portée par la performance magnétique de Robert Redford. Adapté du roman de Bernard...

le 2 nov. 2025

Allons z'enfants

Allons z'enfants

8

Massimiliano_N

436 critiques

Silence dans les rangs !

Véritable cinéaste contestataire (qui n’a jamais trouvé de véritable successeur), Yves Boisset signe ici son film le plus personnel, restant à ce jour, son préféré.Passionné par le livre...

le 2 juil. 2025

Le Corrupteur

Le Corrupteur

7

Massimiliano_N

436 critiques

Polar urbain entre deux mondes

En ce milieu des années 90, le cinéma de John Woo connait une popularité internationale sans précédent. Le diptyque du « Syndicat du crime », « The Killer » ou « A toute épreuve »… Autant de films...

le 2 juil. 2025