Si l’on peut redouter à la lecture du synopsis un film larmoyant sur la perte de l’être aimé et le suicide (ici médicalisé), il n’en n’est rien. Blackbird est un film plein d’espoir et d’humour, parfois grinçant mais quand même présent, à l’émotion dosée comme il faut. Roger Michell a notamment choisi de filmer l’action de façon chronologique afin d’obtenir, d’après ses mots : “une concentration et un engagement des acteurs envers le film et entre eux” encore plus grand. C’est un véritable choix artistique du réalisateur, quand l’immense majorité des films sont tournés en fonction des disponibilités des acteurs et des lieux de tournages, entre autres. A l’écran, cela se traduit par une complicité visible entre les acteurs, aidant à l’immersion du spectateur dans le film.
Les acteurs portent le film, à l’image de Susan Sarandon pleine de justesse dans le rôle de la mère attaquée par la maladie : son corps est affaibli, ne répond plus correctement mais son esprit est toujours affûté et à l’écoute de ses proches. Notamment au moment d’affronter les égoïsmes de chacun : le refus de laisser l’être aimé partir, la réaction des enfants par rapport à son choix, les envies de son petit-fils pour son avenir face aux volontés de ses parents, la gestion de son mariage durant cette période compliquée… Dans toutes ces situations Sarandon parvient à trouver l’équilibre et à rendre son interprétation crédible, à la fois touchante et drôle.
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