Revu le premier, que j'ai trouvé nettement mieux torché que le second. Même si les effets spéciaux numériques trahissent leur âge. Y'a vraiment un truc que j'avais zappé là dedans, c'est l'irresponsabilité joviale de la proposition. Apologie de la torture, sadisme*, velléités génocidaires, tout ça sert le récit comme s'il s'agissait pour ce genre d'aspects classiques et tout à fait normaux, visant surtout à accompagner la chorégraphie du personnage principal. De sa démarche cool et la façon nonchalante qu'il a de trimballer ses flingues et sa grande épée bien dure jusqu'aux nombreuses scènes de bagarre. En dehors des chorés, les personnages miment les affres de l'existence (séduction, ou menace) de manière outrée, on pense au théatre de guignol un peu, à certains documentaires animaliers où les animaux agitent leurs sexes pour dire bonjour. De toutes façons, ces passages ne sont que des entractes platement élaborés pour justifier, et donner un sens, à la succesion de spectacles de danse mettant en scène Wesley Snipes et ses dizaines de petits rats interchangeables. A ce niveau, c'est lisible et plutôt plaisant même si le profane regrettera peut-être que cette comédie musicale sportive manque un peu de substance... Il y a cependant un effort réel de la part des auteurs pour tenter de nous offrir quelques de pistes afin de mobiliser notre intérêt par ce qui se passe, même si on reste sur un terrain très conventionnel. Les chefs vampires sont un consortium de banquiers, ambiance conspirationniste classique, ("ils sont partout, tout le monde leur appartient, ils veulent nous asservir - tout à fait dans la couleur génocidaire globale), on a quelques idées vraiment sympas (l'intro dans la boite de nuit, bien sûr, mais également le bibliothécaire, masse gélatineuse informe) et le reste est colmaté a coups de gros clichés, balisant le récit pour que le spectateur puisse boucher les trous lui-même. On pourrait ainsi trouver que le film repose sur des archétypes et que ces clichés lui offrent une dimension mythologique. Ou on peut remarquer que ce défilé de stéréotypes n'offrent qu'un écrin fénéant et caricatural à un héros au charisme discutable. Blade est donc un divertissement limité mais qu'on peut trouver très sympa si on aime la danse, et assez excitant si on kiffe les scènes de torture.

MelvinZed
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le 16 févr. 2018

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Melvin Zed

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