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Blade Runner rêve-t-il d'humains électriques ?

Toi qui crois regarder Blade Runner, ne vois-tu pas que c'est Blade Runner qui te regarde ?

Il se moque quand tu hésites la première fois. Il te voit troublé par Rick Deckard, ce Blade Runner effacé que tu voudrais plus affirmé, plus incisif, il te voit dépaysé par cette longueur contemplative, inhabituelle dans un film de science-fiction. Il s'aperçoit bien sûr que tu t'ennuies un peu entre deux licornes en papier, que tu attends la fin du film pour aller crier sur tous les toits que, oui, le film est superbe, mais qu'il ne mérite pas son statut de chef d’œuvre intemporel.

Il s'en moque, il en a vu d'autres.

Arrive le célèbre monologue final, bleu-blanc-noir. Le film jubile en te voyant, comme Deckard, trembler devant le puissant Roy Batty. Au moment de sa mort programmée, il voit la vague de soulagement vous submerger pour laisser place à un océan de questions, et dès lors il sait qu'il ne te lâchera plus.

Car il a réussi à implanter en toi cette question, de savoir si oui ou non Rick Deckard est un replicant. Tu iras peut-être lire le livre, tu n'y trouveras pas plus de réponse (mais sûrement d'autres questions). Tu iras en parler à tes amis, à d'autres sur Internet, chacun y ira de sa théorie mais nulle n'apportera de réponse définitive. Même Ridley Scott et Harrison Ford, dans leur naïveté, penseront pouvoir y répondre, ils n'ont pas compris que personne ne le peut.

Et puis, tu te rendras vite compte que cette question est finalement d'intérêt secondaire. Il te verra alors te retourner dans ton lit, te demander ce qui justifie que tu puisse te déclarer humain, vivant, intelligent, digne d'intérêt. Te demander si l'espèce humaine a vraiment le droit de jouer les dieux comme elle le fait.

Alors tu te souviendras de ce magnétisme irrésistible, de ces décors plus vrais que nature, de cette atmosphère futuriste, cosmopolite et décadente, de cette bande-son irréelle. Tu y retourneras, encore et encore, pour apprécier le moindre détail, chercher le moindre signe.

Car Blade Runner est plus qu'un film. C'était peut-être une création humaine à son origine, mais elle a su depuis longtemps s'émanciper de ses créateurs pour développer une identité propre, et à présent, elle scrute l'humanité au Voight-Kampff.

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