Difficile d’imaginer une sortie plus controversée que celle de cette nouvelle Blanche-Neige, qui, avant même d’arriver en salles, traîne derrière elle un wagon de polémiques et de débats enflammés. Pourtant, une fois devant le film, une constatation s’impose : il ne mérite ni l’adoration aveugle ni la haine viscérale qu’il reçoit.
Blanche-Neige, princesse déchue par la jalousie de sa belle-mère, la Reine, trouve refuge dans la forêt auprès de sept nains. Avec leur aide, elle découvre sa véritable force et affronte la tyrannie pour reconquérir son royaume.
D’entrée de jeu, Rachel Zegler s’en sort étonnamment bien dans le rôle-titre, offrant une interprétation plutôt convaincante de cette Blanche-Neige modernisée. Son charisme et ses performances musicales sont indéniables, et même si les nouvelles chansons sont oubliables, elles sont portées par une vraie aisance vocale. Le film tente une réécriture plus contemporaine du conte, et bien que certaines décisions puissent surprendre (l’histoire est légèrement remodelée, exit l’arc classique du prince charmant), le résultat reste plus digeste qu’attendu même si l'histoire reste le gros point faible du métrage in fine.
N'en déplaise au népo baby d'un des producteurs qui l'accusait d'être la cause de l'échec probable du film au box-office, ce n'est certainement pas sa prestation (vocalement ou scéniquement) qui tant à repousser le grand public de l'œuvre, ce serait même dans une moindre mesure le contraire.
Les fameuses polémiques
Concernant l'origine de son nom, cela est expliqué plutôt habilement et cela n'est pas choquant. Ok la coupe de cheveux voir son costume principal ne lui va pas trop mais ce n'est pas la mort non plus.
Les fameuses créatures qui remplacent les sept nains – des êtres non humains, âgés de 274 ans et dotés de quelques pouvoirs magiques – passent finalement mieux à l’écran que sur le papier. Leurs designs, davantage en accord avec leurs tempéraments respectifs et le film d'animation, fonctionnent plutôt bien, et si leurs présences restent secondaire, ils ne dénaturent pas complètement l’essence du conte (on évite la vallée de l'étrange étant donné qu'ils ne sont pas représentés comme des humains normaux). Autre polémique sur eux, il n'y a pas eu de rétropédalage de Disney vis à vis de la supposée disparition des nains car il y a toujours eu bien deux groupes distincts depuis le départ.
En effet, ce n'est pas Disney qui a fait marche arrière toute en voyant un bad buzz se profiler (la fameuse troupe que l'on voyait avec Rachel dans des photos volées du tournage n'était pas les 7 nains mais la bande de voleurs accompagnant le "love interest" de Blanche-Neige) mais bon cette polémique a été montée de toute pièce par des personnes, selon moi, très mal intentionnées hurlant à la mort au Wokisme à chaque bride de non information.
Franchement les soi-disants changements dénaturant la nature de l'œuvre sous couvert d'un agenda politique, n'en sont pas vraiment et cela valait bien la peine de s'époumoner pour rien.
Là où le bât blesse, c’est plutôt du côté de l’esthétique du film. Les décors et costumes souffrent d’un excès de propreté – on retrouve cette impression un peu "fake" façon Wicked notamment lors du début du métrage, où tout semble lisse et aseptisé. Les effets visuels sont inégaux, oscillant entre le correct et le franchement approximatif, ce qui nuit parfois à l’immersion.
Et puis… il y a Gal Gadot. Si son casting en Reine-Sorcière pouvait sembler séduisant sur le papier, son jeu est d’une rigidité presque gênante, rendant ses scènes parfois plus drôles que menaçantes – et pas dans le bon sens. Une méchante de conte de fées est censée marquer les esprits, mais ici, on frôle presque le ridicule involontaire. Franchement pour le dire crument, je l'ai trouvé à côté de A à Z et je n'en croyais pas mes yeux qu'il ait laissé ses prises là pour le film car elle n'a pas été dirigée, après niveau visuel quand elle ne joue pas, cela va.
Alors, Blanche-Neige 2025 est-il le pire film de tous les temps, comme certains le crient sur tous les toits ? Pas du tout. Ce n’est ni un désastre absolu ni une révolution du genre, mais un divertissement passable, porté par une bonne actrice principale et quelques trouvailles intéressantes. Certes, tout n’est pas réussi, mais la plupart des polémiques semblent aujourd’hui bien exagérées. Pas un enchantement, mais pas un poison non plus.
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